Dès lundi 16 mars à 18 heures, Bombardier a fermé son site de Crespin dans le Nord. La production sur l’unique site français a donc cessé. Environ 1000 salariés sont au chômage partiel depuis 17 mars.
Chez Alstom, si des mesures de chômage partiel sont déjà appliquées sur le site de Belfort, et que des débrayages ont eu lieu à Aytré près de La Rochelle, la direction a décidé de poursuivre l’activité de ses sites industriels tout en appliquant des mesures sanitaires très strictes avec la possibilité de fermer temporairement un atelier ou une usine pour les adapter..
Des réaménagements sont prévus pour respecter les distances de sécurité sanitaire, les visites extérieures interdites, … Des mesures jugées insuffisantes par les représentants du personnel, de même que l’argument de la continuité des transports publics.
En effet, le gouvernement ne souhaite pas interrompre la circulation des trams, trains et métros, même si le trafic est réduit. La direction d’Alstom considère donc qu’elle se trouve dans l’obligation de pouvoir fournir les pièces nécessaires au SAV et à la maintenance.
La CGT demande la fermeture des usines
Dans un communiqué paru mercredi 18 mars 2020, la CGT dénonce "la face sinistre de M.Poupart-Lafarge [le PDG d’Alstom], de la direction et des actionnaires d’Alstom". Lors du CSE central, qui s’est tenu, dans la soirée du mardi 17 mars, la CGT a refusé de voter les mesures proposées par la direction. C’est-à-dire le télétravail quand c’est possible, le maintien de l’activité pour tous les autres, un chômage partiel sans complément de l’entreprise (84% du salaire net) et pour les sites temporairement fermés pour les adapter aux conditions sanitaires, les salariés devront poser obligatoirement un à deux jours de RTT employeur. La CGT maintient donc le droit d’alerte sur tous les sites.
Tous les syndicats s’inquiètent de l’absence de protections pour les salariés sur certains sites. A commencer par la CFDT qui juge cette situation inadmissible, mais ne s’oppose pas au maintien de l’activité.
La CFDT favorable au maintien des activités de maintenance
"Le gouvernement a décidé par solidarité nationale que les transports ferroviaires continueraient à fonctionner (ne serait-ce que pour transporter le personnel et les aides-soignants)", a indiqué Patrick de Cara, le délégué CFDT du siège. Ce syndicat ne s’oppose pas à la fermeture des sites matériels roulants et de composants associés, mais avec l’assurance que les salaires seront intégralement versés.
La CFDT est également favorable à la fermeture des sites qui produisent la signalisation, s’ils ne sont pas liés à l’exploitation actuelle. Par contre, "il faudrait conserver l’activité liée à l’exploitation actuelle des transports, tant que les transports restent en exploitation." Cela concerne notamment le personnel qui travaille sur les chantiers ou dans les dépôts qui procèdent aux réglages et changements de pièces. En cas d’absence de maintenance, difficile de faire rouler très longtemps les trains et tramways, comme le demande le gouvernement.



