Après avoir enquêté suite à des alertes, l'Agence européenne du médicament (EMA) a rendu un avis favorable quant à l'utilisation du vaccin Janssen, filiale de Johnson & Johnson. Lors d'une conférence de presse mardi 20 avril, l'institution a indiqué « un lien possible entre les très rares cas de thromboses et le vaccin Janssen ». Cependant, dans le cadre de la crise sanitaire liée au Covid-19, l'EMA estime que la balance bénéfice-risque penche en faveur de l'utilisation du vaccin : « les bénéfices surpassent les potentiels effets secondaires ». D'autre études sur le sujet doivent être menées par l'EMA et la firme.
Liste des effets secondaires
Utilisant la même technologie qu'AstraZeneca, ce vaccin était retardé en Europe, après une suspension aux États-Unis. En cause : huit cas de thromboses graves pour 7 millions de personnes vaccinées. Tous les patients atteints de ces effets secondaires sévères avaient moins de 60 ans et étaient majoritairement des femmes. Ce vaccin devrait donc suivre le chemin de son homologue AstraZeneca et être recommandé uniquement pour une tranche d'âge où les risques sont moindres. Il était déjà destiné, en France, aux plus de 55 ans. L'EMA a tout de même précisé « l'importance, après injection, du suivi des signes précurseurs d'une thrombose : douleurs à la poitrine, maux de ventre persistants, souffle court ou encore symptômes neurologiques. »
Comme dans le cas de l'AstraZeneca, ces thromboses seraient certainement dûes à une réponse auto-immune appelée « thrombose induite par l'héparine » (lire l'interview de Pascal Fender, réalisée par L'Usine Nouvelle sur le sujet). Même si la technologie derrière ces vaccins ne peut être mise en cause avec certitude, l'EMA a annoncé suivre « avec beaucoup d'attention » les données relatives au Spoutnik V. Lui aussi utilise des vecteurs adénoviraux mais n'a à ce jour aucun cas de thrombose déclaré. Le Janssen sera distribué principalement en ville, la plupart des vaccinodromes étant réservés aux vaccins à ARN de BioNTech-Pfizer et Moderna. Le gouvernement français qui espérait lancer ce vaccin Janssen le 21 avril, ne devrait pas prendre beaucoup de retard. Le nouveau vaccin unidose devrait être disponible dans les officines dès le lundi 26 avril.
En attente du feu vert de la HAS
Le Janssen rejoint donc officiellement le club très restreint des vaccins autorisés dans l'Union européenne. Côté français, plus de 200 000 doses ont été livrées à la mi-avril. Dans l'attente de la décision de l'EMA, les doses ont été poussées au niveau logistique. Elles sont, pour l'instant, retenues au niveau des grossistes répartiteurs sur le territoire. Suite à cet avis favorable, des discussions auront lieu à la Haute autorité de santé quant à la modification des protocoles concernant le vaccin Janssen. Le gouvernement espère obtenir un avis en milieu de semaine pour pouvoir libérer les stocks vers les officines le 24 avril au plus tard. L'objectif : être en capacité de vacciner le public cible dès le lundi 26 avril.
La Direction générale de la santé (DGS), rattachée au ministère d'Olivier Véran, a précisé qu'avec une utilisation limitée des vaccins AstraZeneca et Janssen, la France devrait tout de même tenir l'objectif des 20 millions de primo-vaccinés au 15 mai. Elle assure cependant que le vaccin de la firme Johnson & Johnson reste indispensable pour tenir cet objectif, notamment parce qu'il ne nécessite qu'une seule dose. Après cet avis, les discussions concernant de nouvelles livraisons seront relancées. En vue, le second objectif fixé par Emmanuel Macron, l'ouverture de la vaccination aux 50 ans et plus pour atteindre 30 millions de Français primo-vaccinés au 15 avril.



