[Covid-19] Keolis refuse une surenchère de mesures sanitaires dans les transports

Ces derniers jours, les droits de retraits de personnels des sociétés de transports de voyageurs se sont multipliés en région parisienne. Pour la direction de Keolis, les risques liés à cette épidémie ne nécessitent pas une telle précaution.

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Bus Keolis
Des centaines de conducteurs de Keolis ont fait jouer leur droit de retrait (image d'illlustration).

Des rayons vides dans les grandes surfaces car des consommateurs remplissent leurs chariots pour faire des stocks, un droit de retrait exercé par des conducteurs de bus, des vols de masques et de gels hydro-alcooliques, des prix abusifs pratiqués dans certaines officines de pharmacie… Le plus grand danger de cette épidémie de Covid-19 n’est peut-être pas l’épidémie elle-même mais les réactions inconsidérées d’un certain nombre de nos concitoyens avec les conséquences néfastes qui les accompagnent.

La ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne a réaffirmé, lundi 3 mars, devant la presse que même au stade 3 de l'épidémie, "il n'est pas question d'arrêter de faire rouler les trains".

Pourtant, en début de semaine, plusieurs entreprises de transport ont subi l’arrêt de travail de plusieurs centaines de personnels, notamment des conducteurs de bus. A la RATP, on précise qu’il s’agissait de quelques cas, mais qu’après discussions, ils ont repris le travail (et ce, avant qu'un premier cas de salarié atteint de coronavirus dans l'ancienne régie parisienne soit déclaré). Un porte-parole rappelle que "le droit de retrait ne tient pas dans cas. Il ne s’exerce qu’en cas de danger grave et imminent. Si les consignes sont respectées par l’entreprise, il n’y a pas de souci."

Jusqu’à 350 conducteurs à l’arrêt

Les groupes Transdev et Keolis n’ont pas été épargnés, essentiellement en Île-de-France.

Dans la filiale de la SNCF, "durant le pic d’hier, [mardi 3 mars], nous avons recensé 350 conducteurs, soit 1,5% des effectifs qui avaient fait jouer leur droit de retrait, précise Jacques Damas, directeur exécutif de Keolis à l’Usine Nouvelle. Aujourd’hui [Mercredi 4 mars], ils ne sont plus que 0,5%." 

Car chez Keolis, il n’est pas question de faire de la surenchère en matière de sécurité sanitaire par rapport aux demandes du gouvernement. "Nous nous conformons aux consignes du gouvernement, - la plus importante est de se laver les mains, affirme Jacques Damas. Pour être en risque, il faut être en situation rapprochée (moins d’1 mètre 50) et prolongée (plus d’un quart d’heure) avec une personne contaminée. Quant aux objets ils n‘ont jamais été un vecteur de transmission d’un coronavirus. La probabilité qu'un chauffeur puisse être contaminé est donc quasiment nulle."

"Arrêter la psychose"

Dans ces conditions, "dire qu’on est en droit de retrait collectif, c’est juste inexact". En conséquence, la direction de Keolis n’a pas l’intention de payer les salariés qui ont exercé leur droit de retrait. Et le port du masque ne se justifie absolument pas pour les conducteurs et le personnel de l’opérateur de transport.

"Il ne faudrait pas que le virus fasse plus de victimes indirectes que directes, indique le directeur exécutif de Keolis. Il faut arrêter la psychose qui ne répond à rien. Notre mission est de continuer à proposer un service public normal. Nous devons faire de la pédagogie mais rester ferme et ne pas répondre aux demandes de mesures superflues."

Keolis qui est très présent à l’international, opère notamment sur deux lignes de métro automatique (Pujiang et l’aéroport de Pudong) et une ligne de tramways à Songjiang avec Shanghai Keolis, co-entreprise formée par Shanghai Shentong Metro Group Co. Ltd. (51 %) et Keolis (49%). "C’est une excellente expérience pour nous, se félicite Jacques Damas. Nous avons mis en place un service adapté et réduit et limité les déplacements de notre personnel." Sans interruption du service.

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