Qui peut encore dire que le réchauffement climatique n’est pas lié à l’activité humaine ? L’épidémie de coronavirus Covid-19 est là pour nous le rappeler. En Chine, au cours des deux?premières semaines de février, la production industrielle a reculé de 15 à 40 %, selon les secteurs, d’après le site britannique Carbon Brief. Et les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 25 %, soit 6 % des émissions mondiales durant cette période.
Nasa De quoi donner du grain à moudre aux hérauts de la décroissance et de la relocalisation des activités industrielles. Le ministre français de l’Économie, Bruno?Le?Maire, n’a-t-il pas lancé un vibrant appel aux multinationales pour changer de modèle ? "L’épidémie du coronavirus est un “game changer” dans la mondialisation", a-t-il indiqué, soulignant "la nécessité impérative de relocaliser un certain nombre d’activités et d’être plus indépendants sur un certain nombre de chaînes de production".
Au-delà des chiffres, qui pourraient devenir alarmants pour notre économie au cours des prochaines semaines quand on sait que la plupart des porte-conteneurs sont à l’arrêt dans les ports chinois, c’est l’équilibre économique du monde qui est en jeu. Si la pandémie se développe, les ruptures de stocks ne vont pas tarder à se multiplier. Cette crise sanitaire pourrait être le déclencheur d’un mouvement de fond, où le libre-échange et les délocalisations à outrance deviendraient désuets et où émergerait une production plus localisée réduisant les transports et... les émissions de CO2. Après avoir permis de lutter contre le réchauffement climatique durant l’épidémie, le Covid-19 pourrait avoir des effets bénéfiques sur le long terme et convaincre les dirigeants du monde et des multinationales d’opter pour la sagesse, là où les supplications des scientifiques et des défenseurs de l’environnement ont eu un effet bien trop limité. C’est tout le mal qu’on nous souhaite !



