Le monde consomme, chaque jour de ce mois d’avril, 27 millions de barils de pétrole de moins qu’habituellement. Ce qui équivaut à une baisse de près d’un tiers de la consommation mondiale, qui se situe juste sous les 100 millions de barils par jour. Si, comme l’espère Rystad Energy dans son cinquième rapport hebdomadaire sur le Covid-19, ce mois d’avril est un pic du ralentissement, la consommation pourrait tout de même rester inférieure à celle de 2019 jusqu’en décembre, sans rattrapage ni reprise fulgurante.
Les Français ont rangé leurs voitures
Depuis le confinement, la mobilité de loisirs a baissé en France de 88%, les transits de 87% tandis que la mobilité résidentielle augmentait de 18%. Des réductions des déplacements globalement supérieures à celles observées aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne ou en Italie, constate Rystad Energy.
Si l’on regarde la chute de trafic routier (véhicules légers) dans les différentes capitales européennes, Paris est celle qui a le plus strictement réduit le sien sur les 25 derniers jours ouvrables, avec une baisse de trafic stabilisée à -60%, tandis que Rome et Madrid oscillent entre -40% et -55% selon les jours. Londres semble prendre peu à peu la mesure du risque, et réduit peu à peu ses déplacements motorisés (actuellement -40% du trafic habituel). A l’échelle mondiale, seules Kuala Lumpur (Malaisie), Mumbai (Inde), Téhéran (Iran) et plus récemment New-York (Etats-Unis) sont aussi disciplinés.

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Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Si l’on prend ces données par pays (et non plus par ville), les plus grosses chutes de trafic sont observées en Irak (-71%), aux Philippines et en Malaisie (-63% chacune), en Inde (-62%) et au Koweït (-60%). La France a réduit ses déplacements en voiture de 53%, la Chine de 42% et l’Allemagne de 30%. Les plus faibles réductions de trafic routier sont constatées à Taïwan (-15%), au Japon (-20%), en Chine (-21%), en Estonie (-23%) et en Finlande (-24%).
Le trafic aérien mondial chute de plus de 60%
Par rapport au niveau pré-virus de 95 000 à 120 000 vols par jour (selon la saison), Rystad constate une chute drastique du nombre de vols. Proche de 70 000 vols quotidiens en mars, ce trafic devrait chuter sous les 40 000 vols en avril, avant de remonter progressivement. La consommation de carburant jet, en avril et mai, s’évapore à 35% de son niveau habituel.
Dans son scénario "prévention efficace" (le confinement à la française + le couvre-feu pour toutes les activités non-essentielles + une isolation étanche entre régions et pays), un rebond en V permet de remonter au niveau de janvier dès l’été, puis de stabiliser ce niveau avant de rattraper la croissance prévue à l’été 2021. La perte de trafic serait alors de 20% au second semestre 2020.
Le second scénario de Rystad, "mitigation" (correspondant peu ou prou à notre confinement, doublé d’une réelle isolation des malades), ne permet de repasser la barre des 90 000 vols quotidiens qu’au printemps 2021, pour ne renouer avec les projections initiales de croissance qu’en novembre 2021. La perte monte alors, au second semestre, à 45%.
La reprise chinoise à mi-chemin
Dernier enseignement, la demande chinoise de produits pétroliers est remontée de moitié vers son niveau précédant le confinement. Elle pourrait, tout de même, ne pas revenir à sa pleine consommation saisonnière avant septembre, projette Rystad.



