Entretien

[Covid-19] "Dans les ports, les exportations françaises de céréales se poursuivent", rassure InVivo

Parmi les industriels qui ne peuvent s’arrêter de produire, les acteurs de la production et du transport de céréales jouent un rôle clé dans l’alimentation humaine et animale, rappelle Julien Bas, directeur logistique et stockage du groupe InVivo. Cette unité de 200 personnes pilote 11 sites portuaires fluviaux et maritimes, opère 1,5 million de tonnes (Mt) de capacités de stockage et traite 5 Mt de céréales par an, pour un chiffre d'affaires de 39 millions d’euros. Julien Bas insiste sur la mobilisation de la profession pour tenir son rang de premier exportateur européen de céréales.

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InVivo - Silos portuaires de céréales (grains) - Bassens
InVivo exploite notamment des installations portuaires à Bassens (Gironde).

L’Usine Nouvelle – Comment se déroulent vos activités dans le contexte actuel ?

Julien Bas - Aujourd’hui, notre activité n’a pas cessé. Nos maillons logistiques sont toujours actifs. Malgré tout, l’épidémie ne nous épargne pas : certains collaborateurs sont soupçonnés d’être malades ou sont à risque, d’autres doivent garder leurs enfants... 25 % de nos collaborateurs - soit absents, soit en télétravail pour les fonctions administratives - ne sont pas présents sur site. Néanmoins, les bateaux, péniches et trains continuent d’être chargés et déchargés. Les "gestes barrières" sont respectés. Si on s’arrête de travailler, un maillon de la chaîne alimentaire manquera. Il y a une complète continuité des filières exportatrices françaises de grains. La filière est résiliente, comme nous l’avons montré par le passé.

De quelle manière vous êtes-vous adaptés ?

Les points de départ restent les mêmes, les lieux de livraison aussi. Certains sites ont des horaires modifiés. Tous nos sites ont élaboré des scénarios de fonctionnement avec moins de personnel. Actuellement, leur fonctionnement est légèrement dégradé, mais c'est invisible pour nos clients. Sur les métiers logistiques, si nous n’avions plus que la moitié du personnel, nous réduirions les plages horaires de nos prestations. Notre préoccupation est de continuer à travailler avec des salariés en nombre suffisant, dans des conditions sereines.

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Avez-vous subi les difficultés post-confinement liées au transport routier ?

Il y a eu une grosse dizaine de jours de flottement entre l’annonce de la fermeture des commerces non-essentiels et les ajustements, au cours desquels le transport routier a subi des tensions. Les chauffeurs ont besoin de services sur la route. Les interprofessions ont alerté les autorités. Par ailleurs, le fait que certaines industries connexes se soient arrêtées fait que le fret retour se déroule parfois à vide. Cela peut engendrer des surcoûts pour les coopératives, qui affrètent les camions. Les grains arrivent toutefois toujours chez nous, et nous disposons de stocks. 80 % de nos arrivages passent par la route. La part du fret ferroviaire est faible, à cause des infrastructures manquantes, même si c’est un outil extraordinaire.

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