A l’heure où des résurgences localisées de l’épidémie surviennent en France, la politique de tests, qui a connu un vrai retard à l’allumage dans le pays, continue de s’intensifier. Vendredi 17 juillet, le ministre de la Santé Olivier Véran a demandé aux laboratoires de biologie médicale d'"augmenter encore leur mobilisation" afin de donner un coup de collier au dépistage du Covid-19 pendant la période estivale.
Le ministère des Solidarités et de la Santé recensait, au 17 juillet, 164 tests disponibles et autorisés en France dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19. Sa plate-forme, consultable librement sur internet, demeure évolutive et n’est donc pas définitive, s’enrichissant des tests recevant au compte-gouttes les validations du Centre national de référence.
Parmi ces 164 tests, provenant d’Asie, d’Amérique du Nord et d’Europe, une vingtaine sont aujourd’hui produits sur le sol français. Ce qui est encore faible mais qui marque une nette progression par rapport à la fin du printemps, lors de la sortie du confinement.
Dix tests virologiques made in France
En première ligne se trouvent les tests virologiques, permettant de détecter le virus SARS-CoV-2 chez des personnes malades. Tous utilisent le format PCR, une technologie de diagnostic moléculaire nécessitant un prélèvement nasopharyngé sur les patients.
L’Usine Nouvelle a recensé 10 tests virologiques actuellement produits en France. On trouve évidemment l’un des plus grands spécialistes du diagnostic, Biomérieux, qui fabrique un test sur son site de Verniolle, dans l’Ariège. Le groupe français dispose d’un second test virologique, tout juste autorisé en France, mais fabriqué sur son site de Salt Lake City, aux Etats-Unis. Eurobio Scientific, qui distribue plusieurs tests en France, en produit un, sous licence de l’Institut Pasteur, dans son unité de production des Ulis, dans l’Essonne.
Région parisienne et Bouches-du-Rhône
Cinq autres acteurs sont positionnés en production sur le sol français. En région parisienne, Stilla Technologies, implanté à Villejuif, dans le Val-de-Marne, assemble un kit dont les réactifs sont sourcés en Chine mais dont la cartouche est produite sur place, tandis que Primadiag produit son test à Romainville, en Seine-Saint-Denis. La société Genestore fabrique de son côté un test à Gémenos, dans les Bouches-du-Rhône.
Deux acteurs du diagnostic vétérinaire
Deux acteurs du diagnostic vétérinaire se sont aussi lancés dans ces productions de tests virologiques destinés à l’homme. Sur son site de Dardilly, dans le Rhône, la société Biosellal en produit pas moins de trois. A Grabels dans l’Hérault, l’entreprise ID-Vet en fabrique un, et sa filiale ID-Solutions, spécialisée en oncologie humaine et non vétérinaire, en produit un second.
Une dizaine de tests sérologiques produits en France…
En dehors des tests virologiques, une dizaine de tests sérologiques sont fabriqués sur le sol français. Là, il est question de détecter la présence d’anticorps, permettant d’évaluer les personnes qui ont été en contact avec le virus SARS-CoV-2. Cette catégorie de tests sérologiques n’est pas facile à cerner en raison de différences notables.
… dont quatre tests automatisés, dits Elisa
Il y a d’abord les tests dits automatisés, dénommés Elisa, un acronyme anglais pour "dosage d’immunoadsorption par enzyme liée". Ces tests sont analysés en laboratoires par automates à partir de prises de sang. L’Usine Nouvelle a dénombré quatre productions de ce type en France. On retrouve Biomérieux, qui en produit un sur son site de Marcy-L’Etoile (Rhône). Un deuxième devrait aussi être autorisé en France depuis le même site. A Marne-La-Vallée (Seine-et-Marne), Theradiag dispose d’une ligne de production pour un test Elisa. En plus de ces tests virologiques, ID-Vet produit aussi, toujours sur son site de Grabels dans l’Hérault, un test sérologique automatisé, et deux autres devraient être ajoutés. Enfin, l’Américain Bio-Rad a implanté une ligne de production complète pour un test sur son site de Steenvoorde, dans le Nord.
Tests sérologiques rapides sous différents statuts
La seconde catégorie de tests sérologiques est celle des tests rapides. Contrairement aux tests Elisa, avec de multiples échantillons analysés par automate pour un résultat nécessitant de trente minutes à quelques heures, les tests rapides sont unitaires et permettent l’obtention d’un diagnostic en quelques minutes seulement, à partir d’une goutte de sang seulement. Là où cela se complique, c’est qu’ils disposent de trois statuts pour une performance pourtant similaire. En fonction du statut - définissant qui pratique le test - les notices et les accessoires ne sont pas les mêmes.
TDR, TROD et autotests
Ils sont qualifiés ainsi de tests de diagnostic rapide (TDR) lorsqu’ils sont effectués en laboratoire de biologie médicale par des professionnels. Ils sont identifiés comme tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) s’ils sont pratiqués en cabinet médical ou en pharmacie. Enfin, ils peuvent se présenter sous forme d’autotest, permettant à quiconque de pratiquer lui-même le test, en se piquant le bout du doigt par exemple et en lisant le résultat sur un dispositif ressemblant à un test de grossesse. Autre subtilité : TROD et autotests, en cas d’indication de positivité, donc de présence d’anticorps dans le sang, doivent être confirmés en laboratoire par TDR.
Un arrêté ministériel du 10 juillet interdit pour le moment l’utilisation en mode autotest. Le gouvernement estime que c’est encore prématuré, d’autant que l’interprétation des résultats serait encore loin d’être évidente pour une personne non avertie. Le même arrêté ministériel accorde en revanche officiellement le droit aux médecins et aux pharmaciens d’officine de pratiquer ces TROD, lesquels commencent à devenir disponibles en pharmacie depuis une dizaine de jours.
Cinq tests sérologiques rapides made in France
Sur le plan de la production, L’Usine Nouvelle a dénombré cinq tests rapides made in France. On retrouve Theradiag, qui produit un TDR sur son site de Marne-La-Vallée. Le francilien AAZ fait assembler un test rapide à Villiers-le-Bel, dans le Val d’Oise, avec des augmentations de capacités en cours. En Ille-et-Vilaine, à Guipry-Messac, NG Biotech a construit une seconde unité pour la production de son test rapide. Enfin, deux autres acteurs produisent dans le Bas-Rhin : Biosynex, qui vient d’annoncer que son test produit à Illkirch-Graffenstaden et utilisable en TROD était disponible dans près d’un quart des pharmacies en France, et Toda Pharma qui produit lui aussi un test utilisable en TROD sur son site de Strasbourg.
D'autres tests fabriqués en France n'ont peut-être pas été repérés par nos soins, car ils n'auraient pas encore reçu leur homologation. Si vous en êtes le fabricant, n'hésitez pas à nous les signaler en nous laissant un commentaire, merci



