Présente du début de la chaîne alimentaire avec les semences de sa marque Vilmorin jusque dans les assiettes des consommateurs grâce aux pains Jacquet, la coopérative Limagrain a vu ses activités classées comme prioritaires par le gouvernement. Pour faire face à la hausse de la demande de produits alimentaires, mais également aux conditions de travail spécifiques, la coopérative agricole du Massif Central a dû faire évoluer ses modes de productions.
L’expérience chinoise
Si comme toutes les entreprises de France, Limagrain a été confrontée au confinement le 16 mars, la transition vers un mode de production dégradé s'est passé en douceur pour la coopérative auvergnate. “Nous avons des sites de production en Chine et en Italie. En fonction de ce qui a été mis en place dans ces pays, cela nous a permis de réagir rapidement”, explique Damien Bourgarel, directeur général adjoint de la coopérative.
Pour ce responsable, l’expérience étrangère a surtout permis au groupe d’anticiper les prises de décisions. “En situation de crise, nous perdons beaucoup de temps à nous poser des questions. Avec l’épisode chinois, nous avions pu anticiper cette étape et lorsque le confinement est arrivé en France, nous avions déjà des scénarios prêts”, explique Damien Bougarel.

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Février 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Février 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
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Février 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Nouveau vestiaire et coupure entre les équipes
Résultat: dès le 16 mars, le géant agricole avait réorganisé ses usines pour éviter les contacts rapprochés. “Chez Jacquet, nous avons, par exemple, instauré une coupure d’une trentaine de minutes entre les différentes équipes pour éviter que les collaborateurs ne se croisent”, détaille le responsable.
Une mesure accompagnée par la réorganisation des postes de travail pour les mettre à distance les uns des autres. “Certaines références qui demandent plus de manipulations ou sur lesquelles les salariés devaient travailler côte à côte ont même été arrêtées”, ajoute Damien Bourgarel.
Côté logistique, il explique avoir travaillé à la mise en place de nouveaux vestiaires pour accueillir les transporteurs.
Optimisation de la production et classement des références
Mais outre les conditions de travail spécifiques, le groupe industriel fait face à un autre défi : répondre à une demande en forte hausse. Chez les pains de mie Jacquet, les ventes ont été multipliées par deux depuis la mi mars. Pour faire face à cette croissance, il a également fait le choix d’optimiser la production.“Compte tenu des faibles marges dans l’industrie agroalimentaire, nos usines tournent déjà à leur capacité maximale en temps normal. Il a donc fallu jouer sur l’organisation des chaines de production pour répondre à la demande”, précise le responsable.
Limagrain a ainsi classé les produits par priorité : A pour les plus demandés, B pour les séries un peu moins grandes et C pour les références spécifiques. “Aujourd’hui, nous sommes en mesure de fournir tous les produits classés A et certaines références B. Nous avons abandonné temporairement la troisième catégorie, car cela nous ferait alors perdre du temps”, explique Damien Bougarel.
Maintenir le niveau de production habituel
Cela permet également à l'industriel de faire face à l'absentéisme qui, comme tous les acteurs de l'industrie agro-alimentaire, touche ses équipes. "Il y a des transferts de salariés au sein d'une même usine. Certains responsables de R&D par exemple savent déjà conduire les lignes pilotes, ils se sont donc proposés pour intervenir directement sur les outils de production", détaille-t-on chez Limagrain. De quoi permettre au groupe de maintenir son niveau de production habituel.
La coopérative a d'ailleurs fait le choix de remercier le personnel présent sur les sites de production via une prime exceptionnelle.



