L’Usine Nouvelle – Vous faites partie de ces secteurs dont la production ne peut pas s'interrompre. Quelles mesures avez-vous prises pour garantir la poursuite de l’activité ?
Vincent Pobelle – L’anxiété que peuvent exprimer nos collaborateurs est légitime. Nous avons mis en place des caméras thermiques à l’entrée des usines depuis la semaine dernière, en plus des "gestes barrières". Des plans de continuité, en cas de crise, sont prêts mais n’ont pas encore été activés. Nous avons découpé les équipes, pour s’assurer d’avoir en permanence du personnel sur les fonctions critiques : production, supply chain (même si les transports sont perturbés), support clients. Le recours au télétravail a été mis en place autant que possible, et fort heureusement, la montée en puissance du réseau s’est bien passée.
Quelles sont les difficultés rencontrées en matière de transports ?
Il y a une tension sur le marché des transports routiers. Il y a quelques semaines, le challenge était de trouver des conteneurs maritimes, dont certains étaient bloqués en Chine. Aujourd’hui, c’est le transport routier en Europe qui est perturbé. Les aires de repos, les sanitaires, les restaurants ont été arrêtés durant les premiers jours. Dans certaines usines, nous avons ouvert des sanitaires et des zones de repos pour les transporteurs. Nous travaillons avec les autorités pour faciliter le déblocage de la situation.

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8 Avril 2026
Palladium - prix d'achat€/kg
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Comment s’organise la production au quotidien ?
Nous continuons à alimenter en flux tendu 700 à 800 usines agroalimentaires en France. Nous sommes le premier producteur européen de malto-dextrines, qui servent à produire de la poudre de lait infantile. Les maltitols, des dérivés amylacés, sont utilisés pour l’élaboration de dérivés pharmaceutiques. Les autorités nous appellent tous les jours pour vérifier que les quatre usines d’amidon tournent bien. Par ailleurs, en situation de crise grave, on se rend compte de l’importance d’avoir en France des distilleries : en quelques jours, la demande en alcool pharmaceutique a été multipliée par cinq. D’un point de vue commercial, nous avons dû prioriser la production en fonction des urgences sanitaires. L’alcool à 96 degrés dénaturé sert de désinfectant de surfaces, ainsi qu’à la fabrication de gel hydroalcoolique.
Certains de vos sites industriels sont-ils ralentis ?
Les usines tournent normalement à date, notamment dans l’amidon – ce n’est pas le cas partout en Europe. Dans les sucreries, nous sommes en période d’inter-campagne. Nous réalisons des travaux indispensables au démarrage de la production sucrière en septembre. Il y a de l’activité dans les distilleries, et nous réalisons habituellement des campagnes de fabrication de sirops que l’on stocke afin de conserver de la flexibilité en cours d’année pour produire ensuite du sucre et de l’éthanol.
Comment anticipez-vous la prochaine campagne betteravière ?
Nous avions un très gros enjeu de pouvoir mener à bien la période des semis. Nous avons mis en place un travail de distribution accélérée des semences. Sur le périmètre Tereos, les surfaces seront cette année en hausse en France (+ 3%) et en Europe. Nous représenterons plus de 50 % des surfaces de betteraves, dans un contexte de réduction prévue de la production en France (-6 % selon la Confédération générale des planteurs de betteraves, ndlr).



