CMA CGM choisit Energy Observer pour sa R&D hydrogène

L’armateur CMA CGM vient d’annoncer un partenariat avec Energy Observer, ce bateau laboratoire à hydrogène, autonome en eau et en énergie, qui travaille à l’industrialisation des briques hydrogène pour le maritime. Il rejoint comme sponsor les transporteurs Chéreau et Delanchy, Toyota, Air liquide et Engie.

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Energy Observer
CMA CGM veut aider Energy Observer à monter des démonstrateurs de conteneurs réfrigérés à l'hydrogène, alternative au stockage liquide sous pression, mais aussi une aile intelligente pour grand navire.

Energy Observer compte deux partenaires industriels de plus. Après Toyota, Air Liquide, Delanchy et Engie, ce catamaran laboratoire à hydrogène, autonome en eau et en énergie, vient de signer avec le transporteur Chéreau et l’armateur CMA-CGM. Signe que son pari de tester et valider des technologies de propulsion en mer à zéro émission de CO2 dans des conditions extrêmes du voyage en mer sous toutes les latitudes, est en passe d’être gagné.

Chéreau nouveau sponsor

Le constructeur normand Chéreau, qui a présenté en première mondiale un semi-remorque frigorifique à hydrogène au salon Solutrans en novembre 2019, a signé un partenariat de trois ans en tant que supporter officiel d’Energy Observer. Il pourra ainsi accoler son logo sur ce catamaran qui part le 17 février pour une traversée des océans Atlantique et Pacifique et rejoindre Tokyo à l’été 2020 au moment des jeux Olympiques. Des jeux très hydrogène, tant au niveau de la flamme que des voitures électriques à pile à combustibles Miraï qui rouleront sans émission.

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CMA CGM offre sa logistique au village

Le partenariat signé entre CMA CGM et Energy Observer va plus loin qu’un simple sponsoring. Il comporte deux volets. Comme sponsor, l’armateur va mettre à disposition sa logistique pour amener de port en port les éléments du village qui accompagne le bateau laboratoire dans son tour du monde. Il va surtout utiliser la start-up Energy Observer Développements pour monter des démonstrateurs afin d'adapter les technologies testées sur le catamaran aux contraintes du transport maritime.

Une alternative aux  groupes électrogènes 

Pour l’instant, il n’est pas question de remplacer la propulsion au fuel marin, ou demain au GNL, par de l’hydrogène. "Le volume qu’occuperaient les réservoirs d’hydrogène liquide serait bien trop important", explique Noël Vivies, directeur général d’Energy Observer. En revanche il pourrait remplacer les groupes électrogènes qui produisent de l’électricité à bord, pour alimenter les cabines mais aussi les conteneurs frigorifiques. Il faudrait néanmoins améliorer encore le stockage du combustible gazeux, par exemple sous forme d’ammoniac.

Monter des démonstrateurs

L’armateur est aussi très intéressé par les ailes rotatives, autoportées et 100 % automatisées grâce à une intelligence artificielle embarquée conçues par le cabinet d’architecture navale VPLP Design en partenariat avec l’équipementier Cnim et testée sur Energy Observer en 2019 lors de son périple en Europe du Nord et jusqu’en Arctique. "CMA CGM voudrait se servir de nous comme d’un laboratoire et nous aider à faire des démonstrateurs, sur les conteneurs frigorifiques, les ailes et les modes de stockage alternatifs pour l’hydrogène", explique Noël Vivies.

Tester une pile à combustible  de série

Un partenariat important pour Energy Observer, qui veut dépasser le stade du bateau laboratoire pour entrer dans celui du démonstrateur de solutions industrielles pour le maritime zéro carbone.

Dans la version 2020, le catamaran embarque ainsi une pile à combustible de série de Toyota, pour tester sa résistance à la corrosion en mer. Le bateau va aussi tester de nouveaux modules photovoltaïques de sérigraphie de son partenaire Solbian, qui commercialise désormais les panneaux solaires souples testés lors des premiers voyages d’Energy Observer, en France et en Méditerranée, et notamment en Israël par +45°C.

Industrialiser les technologies du bateau laboratoire

La résistance à la corrosion des connecteurs haute pression de l’américain Swagelok va continuer à être testée. Energy Observer compte bien développer une version simplifiée et robuste du système de management de l’énergie, EMS, développé par le CEA, qui surveille et gère à bord d’Energy Observer toute la production d’hydrogène à partir d’eau de mer, d’électricité à partir du solaire et de l’hydrogène, et d’eau potable. "L’idée est de diviser par dix le nombre de capteurs et le prix, pour avoir une carte électronique toute simple avec un écran tactile", explique le DG d’Energy Observer. Car ce dernier en est sûr, le transporteur maritime va vivre une révolution et passer d’un monde de diésélistes à celui où les électriciens "aux mains propres" régneront en maîtres.

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