En un an, la facture d’énergie de Michelin est devenue aussi énorme que son célèbre Bibendum, en passant de 300 millions à 1,1 milliard d’euros par an. Dans un contexte marqué par l’accélération du changement climatique, la raréfaction des ressources et le conflit ukrainien, le géant du pneumatique, qui recevait lundi 7 novembre, à Clermont-Ferrand, la visite du ministre délégué à l’Industrie, Roland Lescure, a voulu se montrer «exemplaire» en matière de sobriété énergétique.
« Notre usine des Gravanches est la première usine de fabrication de pneus au monde, tous concurrents confondus, à émettre zéro émission de CO2. Ce qui signifie que 100% de l’énergie électrique utilisée sur ce site est une électricité verte. Et cela va devenir la norme dans toutes nos autres usines très prochainement. Nous avons déjà commencé en Chine, aux Etats-Unis et en Inde », s’enorgueillit Jean-Christophe Guérin, directeur industriel Monde.
Neutralité carbone du groupe en 2050
L’étoile polaire de Michelin reste toujours la même : atteindre la neutralité carbone pour l'ensemble du groupe d’ici 2050. Un défi gigantesque rendu indispensable dans le contexte de crise climatique et mondiale. «Le gouvernement français demande aux industriels de réduire encore de 10% leur consommation d’énergie dans les 2 ans. Mais pour nous, c’était déjà le cas. Nous sommes engagés dans une démarche de sobriété depuis plusieurs années. Et nous prouvons aujourd’hui que nous savons faire», poursuit Jean-Christophe Guérin.
Depuis quelques mois, Michelin a également mis en place un « guide des bonnes pratiques » en dix points permettant d’économiser quelques millions d’euros : éclairages led sur tous ses sites, remplacement des moteurs électriques anciens par d’autres plus performants, arrêt des machines au moment des pauses, etc. «Nous sommes engagés dans un grand plan de conversion de nos presses de cuisson pour les pneumatiques du gaz vers l’électrique.On a développé de nouvelles technologies de fabrication du pneu, révolutionnaires et brevetées, qui nous permettent de réduire encore plus notre consommation d’énergie», ajoute la direction.
Face au «bon élève» Michelin, «fleuron de l’industrie français qui dédie son ambition à la décarbonation avec des objectifs ambitieux à court terme», Roland Lescure n’a pas oublié de maintenir la pression. «On attend des industriels qu’ils fassent leur part du boulot, a-t-il lancé. On n’a plus le choix. L’enjeu majeur de ce siècle est de sauver la planète ! C’est le combat de toute une nation».



