Le risque de coupures d’électricité au cours de l’hiver 2022-2023 inquiète les pouvoirs publics. Outre la «sobriété» en faveur de laquelle le gouvernement milite, on entend désormais parler d’interruptibilité, d’effacement et même de délestage tournant. Autant de dispositifs activables par les autorités, mais qui risquent malheureusement de ne pas suffire à assurer l’équilibre du réseau électrique français en période de pointe. A tel point que le gestionnaire RTE lance l’alerte. Il invite les Français à réduire de 15% leur consommation électrique et sera d’une «vigilance particulière» durant les mois hivernaux.
Les raisons sont multiples : une réserve hydraulique en berne, une sécurité d’approvisionnement en gaz toujours incertaine (même si Engie annonce que les stockages souterrains seront remplis sous peu)... Mais également, une disponibilité du parc nucléaire français historiquement faible.
Le 14 septembre 2022, seuls 27 des 56 réacteurs hexagonaux produisent de l’électricité. 29 sont donc fermés actuellement, dont 24 pour maintenance ou rechargement de combustible. Trois réacteurs (Dampierre 1, Saint-Laurent 2 et Blayais 4) sont également à l’arrêt pour économie de combustible en prévision de la période hivernale, pratique régulièrement utilisée pour ménager les réacteurs en prévision de l'hiver et ne les recharger qu'au printemps suivant.
Surtout, 15 unités de production sont fermées en raison de problèmes de corrosion sous contrainte (CSC). Le phénomène a été détecté pour la première fois mi-décembre sur le réacteur numéro 1 de la centrale de Civaux (Vienne). Cette anomalie se traduit par des micro-fissures au niveau des soudures des coudes des tuyauteries d’injection de sécurité (RIS) reliés au circuit primaire, qui servent à refroidir le réacteur en cas d'accident. EDF mène actuellement des contrôles par «un procédé de contrôle non destructif par ultrasons» afin d’identifier la cause du problème.



