Bonne élève, la branche recyclage acte une revalorisation des salaires de 2,5%

Alors que les négociations n’ont souvent pas commencé, comme dans la branche déchets, le recyclage a pris de l’avance et a réussi à trouver un accord sur une hausse supérieure à celle du Smic.

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Plastique à recycler chez Paprec Limay
La branche du recyclage a déjà signé un accord sur les hausses de salaire.

Le recyclage a pris de l’avance dans les négociations sur les salaires. La branche s’est félicitée mercredi 6 octobre d’avoir trouvé un accord aussi rapidement, et surtout avant la plupart des autres métiers. Les négociations avaient commencé jeudi 30 septembre avec des demandes encore assez éloignées.

« Dès vendredi, cinq syndicats représentatifs sur six s’étaient mis d’accord sur une demande d’augmentation des minimas de +3%, sauf la CGT qui réclamait +5% », relate Bruno Delavant, secrétaire fédéral de la FGMM-CFDT (Mines et Métallurgie) et négociateur de la convention collective de la branche recyclage.

« Le patronat était sur +2,2%. Nous souhaitions absolument maintenir cet écart de 33 euros entre le plus bas salaire de la grille et le Smic. Finalement, nous nous sommes entendus sur +2,5% », se félicite le représentant syndical. Une hausse qui signifie que le premier niveau de la grille de salaires est porté à 1 627 euros, soit un écart avec le SMIC à 37 euros.  

Forte croissance du secteur

« Nous avons fait un effort particulier cette année. Nous souhaitions aussi être en avance par rapport à ce qui se passe dans d’autres branches. Nous sommes dans des métiers de tradition sociale et paternaliste. Nous avons encore des entreprises dont le capital est détenu par des familles », justifie François Excoffier, président de la Fédération professionnelle des entreprises du recyclage (Federec), qui réunit les représentants du patronat de la branche recyclage.

Chez Federec, on rappelle avoir signé trois accords pendant la pandémie, notamment sur le chômage individualisé et les RTT. « Nous étions montés à 2,3 %, mais les partenaires sociaux sont revenus en proposant à l’unanimité une hausse de 2,5%, ce qui est rare », rappelle Sylviane Troadec, présidente de la commission sociale et formation de Federec.

La branche compte aujourd’hui environ 30 000 salariés. Sur les prochaines années, 1 000 départs à la retraite sont prévus chaque année, mais ce sont environ 8 000 postes par an qu’il faudra recruter pour faire face à la croissance de ce secteur. Proposer des salaires attrayants apparaît donc comme un impératif. Les conditions de travail se sont généralement améliorées dans ce secteur, notamment avec le développement de l’automatisation du tri et du recyclage. « Les postes augmentent également en compétences », précise Sylviane Troadec.

Des efforts engagés chez Paprec

Certaines entreprises devraient augmenter davantage les petits salaires. D’autres sont au-dessus comme chez Paprec, où les salaires minimums sont de 150 euros supérieurs au Smic avec en plus un treizième mois. Ce qui n’a pas empêché des augmentations de salaires. « Nous avons décidé d’augmenter au 1er octobre tous les salaires des ouvriers et employés de 2,2% », confirme Stéphane Gérard, DRH chez Paprec.

Cette entreprise dépend de trois branches différentes – récupération et recyclage, transport et déchets. Seule la première a déjà terminé ses négociations. Chez Paprec, on met également en avant les heures supplémentaires qui permettent, surtout dans les transports, de réaliser des semaines de 42 heures et d’améliorer nettement les salaires. La direction réfléchit sur une deuxième distribution de la prime Macron. 500 euros ont déjà été versés en juin 2021.

Pour les cadres et agents de maîtrise, les négociations qui ont habituellement lieu en avril et mai, débuteront dès janvier prochain. « L’enveloppe des augmentations tiendra compte de la situation, précise Stéphane Gérard. Mais il s’agit essentiellement d’augmentations individuelles. »

Suez et Veolia en pleine réorganisation

Dans le secteur des déchets, les négociations n’ont pas commencé. En attendant, c’est le silence à la Fédération nationale des activités de la dépollution et de l’environnement (Fnade). Chez Suez et Veolia, pas de réaction non plus. Les deux entreprises sont occupées à finaliser l’acquisition d’une partie des activités de Suez par Veolia, et la mise en place du nouveau Suez avec les nouveaux actionnaires et la nouvelle organisation.

« L’OPA est toujours en cours. Nous attendons toujours la convocation sur les hausses de salaires. Les négociations ne devraient pas commencer avant début janvier ou au mieux en décembre, prévient Rachid Yagoub, délégué syndical central CGT déchets et collecte industrielle pour le groupe Suez. Il n’y a eu aucun geste de la part de la direction depuis un an et demi. »

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