Les restructurations industrielles continuent... Mercredi 23 avril, dans le cadre d’un Comité social et économique central, ArcelorMittal France (AMF - qui regroupe les sites du sidérurgiste dans le Nord de la France) a annoncé aux syndicats la suppression à venir d’environ 600 postes sur ses sept sites. Soit un peu moins de 10% des effectifs. L’aciérie intégrée géante de Dunkerque (Nord), qui opère encore deux hauts fourneaux, sera notamment touchée, comme tous les autres sites du groupe, soit Mardyck (Nord), Montataire (Oise), Desvres (Pas-de-Calais), Florange (Moselle), Mouzon (Ardennes) et Basse-Indre (Loire-Atlantique).
Concurrence chinoise
«Dans le contexte de crise qui frappe l’industrie de l’acier en Europe (une baisse de la demande de 20 % sur cinq ans et une forte augmentation des importations qui représentent aujourd’hui 30 % du marché), ArcelorMittal France Nord doit en permanence travailler à améliorer son efficacité et sa compétitivité», justifie le groupe dans un communiqué. L’entreprise précise ne pas chiffrer, pour l’instant, le nombre de personnes concernées par les suppressions de postes (certains sont déjà vacants) ni la répartition par sites. En mars, l'industriel avait annoncé investir 254 millions d'euros pour la maintenance de son aciérie à Dunkerque, sans rassurer les syndicats qui pointaient la dégradation d'une partie de l'outil industriel et l'absence d'enveloppe pour les sites aval.
La restructuration ne tombe pas de nulle part. Le 11 février, le groupe avait annoncé envisager la délocalisation à venir d’une partie des fonctions supports situées en Europe vers l’Inde. De source syndicale, 630 postes sont concernés, dont 230 dans ce cadre. L’autre partie concerne surtout des emplois industriels, dans le cadre d’une procédure spécifique à la filiale du sidérurgiste dans le Nord de la France.
«Nous avons eu de l’activité partielle pendant des années pour réduire les coûts, ils ont profité des aides de l’Etat… On ne s’attendait pas à ce qu’il y ait des suppressions d’emplois aussi massives et aussi rapidement. C’est très mauvais et en plus, cela va ajouter du stress et des problèmes de qualité alors que la direction parle de l’inverse !», fustige Julien Walterspieler, délégué syndical central CFDT (troisième syndicat chez AMF), à la sortie de réunion avec la direction. «Nous allons discuter avec les salariés sur les actions à mener pour sauver les emplois, on ne s’interdit rien», précise le syndicaliste basé à Florange (Moselle).

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Besoin de mesures européennes
«Arcelor incarne les difficultés d’une filière : la sidérurgie, qui est soumise depuis déjà un certain nombre d’années à une concurrence internationale qui est féroce et qui est déloyale, en particulier venant de Chine», a réagi ce 23 avril le ministre de l’industrie, Marc Ferracci, en marge d'une visite Eure-et-Loir. Il souligneque l’Etat a proposé 850 millions d’euros pour soutenir ArcelorMittal dans le cadre de sa décarbonation à Dunkerque. Un projet que le groupe a mis en pause fin 2024. «Nous agissons aussi au niveau européen pour protéger» la sidérurgie, a continué Marc Ferracci, en référence au plan acier récemment présenté par la Commission à Bruxelles, mais dont les mesures concrètes doivent encore être mises en œuvre.
Le groupe, issu du rachat d’Arcelor par le milliardaire indien Lakshmi Mittal en 2006, alerte depuis des mois sur la situation difficile de la sidérurgie européenne, jugée peu compétitive en raison de coûts de l’énergie trop élevés et d’une demande en berne… Fin 2024, ArcelorMittal avait déjà annoncé la suppression de 125 emplois via la fermeture de deux sites de service (qui découpent et emballent les produits en acier pour répondre aux besoins des clients) à Reims dans la Marne et à Denain dans le Nord. En septembre, une réduction des effectifs d'environ 10% avait été annoncée dans l'autre aciérie du groupe, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).



