Après Rio Tinto, la start-up Heliogen convainc ArcelorMittal du potentiel du solaire thermique pour décarboner l’industrie

La start-up américaine Heliogen a annoncé mardi 15 juin avoir levé 68 millions d’euros afin de développer sa technologie de solaire thermique à concentration pour décarboner l’industrie lourde, particulièrement émettrice. Elle compte parmi ses investisseurs le géant sidérurgique ArcelorMittal. Après un partenariat signé avec Rio Tinto en mars, l’annonce marque l’intérêt industriel de cette technologie, qui doit encore faire ses preuves.

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Guidée par des briques de vision et d'intelligence artificielle, cette batterie de miroir peut générer des chaleur dépassant 1000°C, et répondre à des besoins de procédés industriels, promet Heliogen

Le solaire thermique à concentration à destination des procédés industriels lourds (mines, acier, ciment...) semble séduire. Ou au moins intriguer assez pour convaincre ArcelorMittal de mettre la main à la poche, et participer à la levée de fonds de 83 millions de dollars (68 millions d’euros) annoncée par la start-up Heliogen le 15 juin 2021. Au total, la jeune pousse américaine, née en 2019, a levé 85 millions d’euros.

Dépasser 1000°C avec les rayons du soleil

Cet investissement est le premier d’ArcelorMittal dans le cadre de son fonds d’innovation verte XCarb. Sur les 68 millions d'euros annoncés, il engage 8,2 millions d’euros dans Héliogen, aux côtés d’investisseurs en capital-risque, mais aussi du géant des utilities Edison International. Le groupe sidérurgique luxembourgeois espère profiter des technologies de production de chaleur, d'électricité et d’hydrogène vert développées par la pépite américaine afin de contribuer à la décarbonation de la production d’acier. Un enjeu crucial et particulièrement complexe pour ArcelorMittal. 

Concrètement, Heliogen dispose une armée de miroirs, orientés via des technologies de vision par ordinateurs et des algorithmes d’intelligence artificielle (IA), pour concentrer les rayons du soleil en un seul point. De quoi atteindre une température de plus de 1000°C et viser les procédés industriels. Une technologie qui reste handicapée par l’intermittence du soleil, et qui doit encore prouver sa fiabilité en contexte industriel. 

En mars 2021, la start-up américaine avait déjà annoncé un partenariat avec le géant minier anglo-australien Rio-Tinto. L'objectif était alors de mobiliser directement la chaleur du soleil afin de produire de la vapeur d’eau, et réduire de 7% les émissions de CO2 de sa gigantesque mine de borates en Californie. Après avoir été éclipsé plusieurs années à l'ombre du photovoltaïque, le solaire thermique reviendra-t-il à faveur de l'urgence climatique et des technologiques numériques ?

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