Chronique

Lacto Serum France (Lactalis) sera alimentée par la plus grande centrale solaire thermique de France

L’usine de Lactalis Ingrédient près de Verdun (Meuse) va être alimentée en chaleur renouvelable par la plus grande centrale solaire thermique de France. Construite par l’opérateur bordelais Newheat, elle permettra au site de réduire de 11 % sa consommation de gaz.

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Projet de centrale solaire thermique de Newheat à l'usine Lacto serum FRance de Lactalis Ingrédients
La centrale solaire thermique de Newheat qui alimentera l'usine Lacto Serum France de Lactalis à Verdun sera la plus grande de France, et même d'Europe pour un site industriel.

Ce n'est pas parce que Lactalis, aux prises avec des affaires de pollution, n’affiche pas d’objectif de neutralité carbone qu’il ne fait rien pour réduire ses émissions. Depuis une dizaine d’années, un service central d’efficacité énergétique aide les usines du groupe à optimiser leurs process énergétiques. Tous les deux ou trois ans, chaque usine est auditée. En 2017, lorsqu’il s’est agi de remplacer, par une plus grande, les deux tours de séchage historiques de l’usine Lacto Serum de Fromeréville-les-Vallons (Meuse) - construite en 1964 pour valoriser le petit-lait -, décision a été prise de l’alimenter en chaleur renouvelable. Le projet de l’opérateur solaire bordelais Newheat a été retenu.

11% de gaz naturel en moins

Le 4 février, ce dernier a annoncé le lancement de la construction, à côté de l’usine, d’une centrale solaire de 15 000 m², sur un terrain loué à un exploitant agricole pour 25 ans. Ce sera la plus grande centrale solaire thermique de France, et la plus importante à usage industriel en Europe. D’une puissance de 13 MW, elle va fournir à l’usine de Lactalis Ingrédient la chaleur renouvelable nécessaire pour préchauffer l’air de la nouvelle tour de séchage, de 15° à 80°. Pour atteindre les 160° nécessaires au séchage du petit-lait, le recours au gaz naturel restera nécessaire. Néanmoins, la centrale solaire permettra à l’usine de réduire de 11 % sa consommation de gaz et d’environ 10 % ses émissions de CO2, soit de 2000 tonnes par an. "Ce projet de solaire thermique est la continuité d’une démarche d’optimisation énergétique et environnementale lancée depuis plus de 10 ans", a expliqué Mahmoud Kamal, le directeur du site Lacto Serum France à L’Usine Nouvelle.

Grace au fonds chaleur de l'Ademe

Après avoir installé une nouvelle centrale de production d’eau glacée, qui a amélioré de 40 % le rendement, et d’un compresseur 20 % plus performant, Lacto Serum France a investi 40 millions d’euros dans sa nouvelle tour de séchage. Grâce à la collaboration de Newheat, la tour a été adaptée à cette nouvelle source d’énergie. L’industriel n’investit pas dans la centrale solaire, mais il a signé un contrat d’achat de flux de chaleur de 25 ans à la société de projet ad hoc montée par l’opérateur, avec le soutien de trois fonds de transition énergétique régionaux: Terra Energies en Nouvelle Aquitaine, AREC Occitanie et OSER ENR en Rhône-Alpes. Le projet a surtout reçu des subventions à la construction du fonds chaleur de l’Ademe, sans lesquelles la chaleur solaire ne serait pas compétitive.

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