Après Paris-Milan, Trenitalia envisage d'ouvrir une nouvelle ligne entre Paris et Madrid

A quelques jours de l’anniversaire de la ligne Paris-Lyon-Milan exploitée par Trenitalia, le président de la filiale française a annoncé que la société pourrait ouvrir une nouvelle liaison entre Paris et Madrid.

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Le Frecciarossa de Trenitalia sur la ligne Paris-Milan
Après la ligne reliant Paris à Milan, Trenitalia envisage d'ouvrir une autre liaison entre Paris et Madrid.

Un million de voyages. La barre symbolique a été franchie moins d’un an après l’arrivée de Trenitalia sur la ligne Paris-Lyon-Turin-Milan. Toutefois, impossible de faire dire à Roberto Rinaudo, président de Trenitalia France, quel est le chiffre d’affaires généré par cette activité et quelles sont les pertes enregistrées sur la première année d’exploitation.

A l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue mercredi 14 décembre non loin de la gare de Lyon à Paris, le dirigeant est surtout revenu sur le succès des premiers trains. Un taux d’occupation de 70% en moyenne et de 80% sur le Paris Milan, contre 50% pour le trajet entre Paris et Lyon. En 2023, l’offre restera de cinq allers et retours par jour sur ce parcours, et deux jusqu’à Milan. «Surtout, 37% des voyageurs n’avaient jamais effectué le trajet en train avant l’arrivée de Trenitalia, se réjouit Roberto Rinaudo. Cela confirme ce que l’on pensait. L’arrivée d’un nouvel opérateur complémentaire à l’opérateur historique favorise l’arrivée de nouveaux voyageurs.» Et si Trenitalia a prévu de continuer à se développer, rien n’est prévu en 2023.

Des trains régionaux reliés aux LGV

La compagnie italienne réfléchit à développer une ligne Paris-Madrid pour la fin 2024, en utilisant sa présence en Espagne. Depuis le 25 novembre, elle a lancé une ligne Barcelone-Madrid avec sa filiale Iryo, et pourrait ouvrir une nouvelle ligne entre Paris et Barcelone pour la relier à ce nouveau service. Auprès de L’Usine Nouvelle, Roberto Rinaudo a confirmé qu’une réflexion était en cours, sans confirmer l’échéance de 2024. «On regarde le marché très largement et nous n’excluons rien». A cette occasion, il reconnaît que l’équilibre financier sur la ligne Paris-Milan ne sera pas atteint avant quelques années. «Il faut améliorer la performance économique par le biais de la croissance. Nous avons investi plus de 330 millions d’euros sur cette nouvelle ligne», estime-t-il.

L’ERTMS (système de gestion de trafic européen) qui devrait être mis en service sur la ligne à grande vitesse entre Paris et Lyon d’ici à 2025 pour permettre en autre de faire passer trois trains supplémentaires par heure pourrait être une opportunité pour augmenter l’offre. Trenitalia regarde les autres LGV françaises, mais ne s’interdit pas de rêver à des lignes transfrontalières depuis l’Italie et jusqu’au Royaume-Uni ou au Benelux en passant par la France. Le groupe italien, déjà présent en Grèce, en Allemagne et au Royaume-Uni des trains régionaux et longue distance, regardera avec intérêt les appels d’offres sur les TER, mais à une condition. «Il n’y a pas encore de régions qui nous intéressent, prévient le patron de Trenitalia France. Mais nous nous intéresserons aux lignes qui permettront d’avoir une connexion avec la grande vitesse.»

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