Après le Covid-19, Moderna se lance à l'assaut du VIH avec un vaccin ARN messager

Si les vaccins à ARN messager ont montré leur efficacité dans le cas de la crise du Covid-19, des preuves sont encore nécessaires pour d'autres pathologies. Et c'est ce que commence à faire Moderna avec le lancement de la phase 1 de son vaccin ARNm contre le VIH, virus responsable du sida.

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Créé en 2010, le laboratoire américain Moderna est spécialisé dans les technologies ARN messager.

Bien que les technologies ARN messager (ARNm) existent depuis plus de 30 ans, il leur aura fallu la crise du Covid-19 pour gagner une légitimité. Pressentie comme le futur de la vaccination, il faut pourtant que cette stratégie vaccinale fasse ses preuves face à d'autres pathogènes. C'est dans ce cadre que Moderna a annoncé le lancement d'une phase 1 pour un nouveau vaccin ARNm contre le VIH. Une annonce pleine de promesses, mais dont il faut attendre les résultats en 2023, puis ceux des phases 2 et 3, avant de crier victoire.

Le début d'un long processus

Publié le 11 août 2021 sur ClinicalTrials, une fiche de description détaille l'essai qui sera lancé le 19 août sur 56 participants. Cette étape nécessaire à l'homologation d'un vaccin implique toujours un faible nombre de patients en bonne santé. Elle permet de vérifier qu'il ne présente pas de risque de santé majeur pour eux et de définir les doses tolérables.

Évidemment, cette phase 1 permet aussi de commencer à mesurer l'immunogénicité. Ils vont observer s'il y a bien une réponse immunitaire en réaction au vaccin. Les résultats sont attendus au printemps 2023. S'ils sont positifs, ils entraîneront une phase 2 puis 3, qui dureront chacune normalement entre 3 et 5 ans.

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Fin d'une course, début d'une autre

Le principe des vaccins à ARNm est simple : introduire une partie de matériel génétique dans nos cellules, pour que celles-ci produisent des protéines permettant de lutter contre des pathologies ciblées. Ainsi notre corps simule une infection et s'entraîne à la combattre. Il sera prêt dans le cas d'une infection par le vrai pathogène et donc protégé.

La crise du Covid-19 a été le point culminant d'une course engagée dans les années 1990, lorsqu'un article de la revue Science décrivait pour la première fois la technologie de vaccination ARNm que nous connaissons aujourd'hui. Mais c'est loin d'être la fin de cette aventure biotechnologique. Les pipelines des industriels ont beau voir nombre de projets arriver, il faut encore qu'ils démontrent leur efficacité.

Des pipelines remplis

Du côté des nouveaux emblèmes de l'ARNm, le laboratoire américain Moderna, créé en 2010, en plus de son travail sur le VIH se penche sur des vaccins contre les cytomégalovirus, en phase 3, le Zika et la grippe, tous deux en phase 2. BioNTech a plusieurs projets concernant des vaccins pour lutter contre des cancers et a lancé un programme avec Pfizer contre la grippe.

Sanofi quant à lui, très en retard sur le Covid-19, planche actuellement sur un projet de vaccin ARNm contre la grippe, encore en phase 1. Mais après son rachat de Tidal Therapeutics en avril et de Translate Bio au début du mois d'août, toutes deux spécialisées dans les technologies à ARNm, le géant français devrait certainement annoncer de nouveaux projets rapidement.

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