La campagne de pommes de terre de fécule 2023/2024 pourrait être la dernière pour les salariés du site Tereos d’Haussimont, dans la Marne. La direction, dans un courrier adressé le 20 juin à ses coopérateurs planteurs, a annoncé qu’elle envisageait la fermeture de l’usine à l'issue de la campagne si aucun acquéreur ne se manifestait. «Tereos a reçu plusieurs marques d’intérêt. Pour autant, aucun projet engageant n’a été formalisé à ce jour. Après analyse, Tereos considère que les chances de concrétisation d’un projet de cession de l’activité à court ou moyen terme sont limitées au regard des défis à relever», a déclaré le groupe dans sa lettre. Contacté, un représentant indique que l'entreprise se donne «encore quelques mois» afin de trouver un acquéreur et qu’«il faut que les coopérateurs puissent avoir une visibilité de longue durée quant aux engagements de leurs assolements».
Le sucrier français avait annoncé le 8 mars chercher un repreneur pour son usine d’Haussimont, qui compte 66 salariés. «Au cours des cinq dernières années, Tereos a investi 30 millions d’euros dans cette féculerie et souhaite, aujourd’hui, donner un nouvel élan à cette activité dont le projet serait porté par le potentiel acquéreur», se justifiait-il. «La filière féculière rencontre déjà depuis quelques années une érosion constante des surfaces de pommes de terre de fécule. On a connu -38% en quatre ans sur le site d'Haussimont», indique le représentant de Tereos.
Une conséquence du réchauffement climatique
Une potentielle fermeture que regrette l’Union nationale des producteurs de pommes de terre dans un communiqué : «C’est une page de l’histoire agricole française qui se tourne et un coup dur pour le secteur féculier national.» Celle-ci alerte «les pouvoirs publics» et «l’opinion publique» sur les «conséquences directes liées au changement climatique qui impactent de plus en plus durement les rendements des cultures de printemps comme celle de la pomme de terre». Elle espère que l’hypothétique fermeture du site d’Haussimont ne sera pas «la première d’une longue série dans le secteur agro-alimentaire» et poursuit ses négociations avec le ministère de l’Agriculture pour qu’il débloque une «aide directe exceptionnelle» à la filière féculière.
Le 8 mars, en plus de l'annonce de son projet de cession de son site d’Haussimont, Tereos avait indiqué arrêter l'activité sucrière de son usine d'Escaudœuvres (Nord) et de l’atelier de distillerie de Morains (Marne). Un accord avait été trouvé le 8 juin avec les syndicats pour le maintien dans l’usine Escaudœuvres d’une quarantaine de salariés et le reclassement du reste du personnel (une centaine) dans les sites Tereos de Boiry-Sainte-Rictrude (Pas-de-Calais), Origny-Sainte-Benoite (Aisne), Attin (Pas-de-Calais) et Lillers (Pas-de-Calais).



