Le groupe Actura, qui fédère 136 entreprises adhérentes en France, dont neuf coopératives, pour un chiffre d’affaires de 740 millions d’euros, annonce la construction d’un site industriel dédié aux semences à Issoudun, dans l'Indre, entre Châteauroux et Bourges.
Pilotée par sa filiale AgraSem, cette unité, qui comprendra un hub logistique, représente un investissement de 55 millions d’euros, dont 30 dédiés aux process industriels. Une cinquantaine d'emplois directs seront créés, en plus de mobiliser un réseau de 200 agriculteurs multiplicateurs. «Ce projet nous permettra de répondre aux défis actuels et futurs du secteur agricole, tout en consolidant notre position sur le marché des semences», explique à L’Usine Nouvelle Frédéric Lanchais, directeur général délégué du groupe. «Il ne s’agit pas d’un transfert d’un point A à un point B, mais bien d’une création», insiste le directeur.
Capacité de 650000 quintaux de semences
Implantée sur un terrain de 112000m² - «avec une possibilité d’extension» - la future usine, qui devrait être opérationnelle d’ici à juillet 2027, aura une capacité de 650000 quintaux de semences de céréales à pailles, ainsi que des semences d’autres espèces hybrides comme le maïs, le colza et le tournesol. «Les semences représentent un enjeu majeur pour toutes les filières agricoles. Notre objectif est de fournir des solutions durables à nos entreprises pour leur permettre d’accéder à une génétique performante. Et de maitriser toute la chaine, de la multiplication au champ jusqu’à la mise sur le marché», explique Frédéric Lanchais.
Un outil industriel multi espèces innovant
L’usine sera équipée de technologies de pointe avec des lignes de production flexibles et sur la partie logistique des capacités de stockage optimisées. Au sein de l’unité principale, une ligne de micro-processing complétera les deux lignes principales : «nous avons imaginé un outil multi espèces, capable de traiter des petits lots pour des phases de test et d’expérimentation ainsi que des volumes plus importants pour la production de masse». Equipé d’une tour de 20 mètres de haut dédiée au traitement et conditionnement, le site pourra gérer les derniers types de traitement de semences, à l’instar des technologies d’enrobage biostimulant. «Ces traitements viennent renforcer la résistance des semences aux insectes nuisibles et autres maladies», précise le directeur.
Un hub logistique pour les marchés français et européen
Le projet comprend une plateforme logistique de 14000m², répartie en deux cellules, (température ambiante et dirigée) avec 14 quais et une capacité de 15000 palettes. «Ce hub est conçu pour répondre aux plus hautes exigences de conservation des semences, avec un contrôle rigoureux de la température à l’hydrométrie. Notre objectif est d’assurer une parfaite qualité de stockage ainsi que les flux aller et retour», explique le directeur, qui rappelle que ce site viendra renforcer les infrastructures logistiques de la filiale Synvia (65000 m²). «L’objectif est d’absorber le flux de la future usine mais aussi de proposer une offre complète sur nos autres secteurs». «Cette plateforme nous permettra de mutualiser les flux de semences à l’échelle nationale et de renforcer notre position sur le marché européen», ajoute-t-il.



