Nouvel épisode dans le feuilleton autour de l'interdiction des néonicotinoïdes. Le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a annoncé jeudi 8 février que les betteraviers seraient indemnisés en cas de pertes de production liées à la jaunisse pour l’année à venir. L’annonce, dans les tuyaux, était attendue par la filière : les sucriers craignaient de ne pas trouver de matière première sur la saison à venir, les agriculteurs ne prenant pas le risque de planter.
Fin janvier, la Cour de justice de l’Union européenne a interdit les dérogations à l’usage de trois néonicotinoïdes, utilisés par les betteraviers français en traitement de semence pour empêcher les attaques de pucerons. En l'absence d'alternative technique, la filière n'a depuis cessé de mettre en avant les conséquences possibles de cette décision sur leur activité.
Des fonds mobilisés en cas d'épidémie de pucerons
«Plantez !», leur a rétorqué Marc Fesneau, assurant par ailleurs que les planteurs seront assurés. Le dispositif final n’est pas totalement arrêté, notamment la période de référence pour une éventuelle indemnisation. «Il faut éviter les écueils du processus (d’indemnisation) de 2020», a développé le ministre. A l’époque, les betteraviers avaient été indemnisés partiellement face aux attaques de pucerons, qui avaient pourtant provoqué une chute de 28% de la production nationale. Le dispositif fonctionnait avec une franchise de 30 à 35% ainsi qu’un plafond de 30 000 euros. L’Etat avait alors déboursé 60 millions d’euros. La Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) n'a eu de cesse depuis de réclamer une indemnisation à 100% pour l'exercice 2022.
Le ministre indique qu’il n’y a pas d’enveloppe allouée à date à l’indemnisation des betteraviers : les fonds ne seront mobilisés que dans le cas d’une épidémie importante de pucerons. Les planteurs disposent de pesticides qui leur permettent de faire face à une pression de pucerons faible à modérés – là où les néonicotinoïdes étaient efficaces quelle que soit l’intensité épidémique.



