En préambule à la présentation des résultats 2024-25, ce mercredi 14 mai 2025 au siège de Saint-Ouen, Henri Poupart-Lafarge est revenu sur la réussite du «New Alstom» qui va fêter ses dix ans dans quelques semaines et les deux étapes qui ont mené «le groupe à construire un leader mondial du ferroviaire avec une présence forte dans tous les grands pays, s’est félicité le directeur général d’Alstom. Nous avons absorbé tous les coûts liés à l’intégration de Bombardier». La première étape consistait à élargir le portefeuille des activités et la seconde, l’acquisition et l’intégration de Bombardier. C’est cette dernière étape qui a fait vaciller Alstom avec un endettement qui a frôlé 3 milliards d’euros lors de l’exercice précédent (au 31 mars 2024), entraîné la séparation des pouvoirs avec l’arrivée de Philippe Petitcolin comme président du Conseil d’administration et la mise en place d’un plan de désendettement qui a permis de revenir à un endettement plus raisonnable. Il a été divisé par six pour tomber à 434 millions d’euros. Henri Poupart-Lafarge a assuré que «le zéro dette» serait atteint lors de l’exercice en cours ou le prochain.
Des objectifs insuffisants pour les analystes
Des efforts qui permettent à Alstom de repartir sur de bonnes bases, mais dont les objectifs pour l’année fiscale en cours ne semblent pas convaincre le monde de la finance et les analystes : À la mi-journée, l’action avait perdu 15%. Pour l’exercice 2025/26, le directeur général a annoncé qu’il visait une hausse du chiffre d’affaires comprise entre +3 et 5%, un cash-flow libre de 200 à 400 millions d’euros. Il vise un carnet de commande supérieur à 100 milliards d’euros au cours des deux prochaines années.
Au 31 mars 2025, le chiffre d’affaires a atteint 18,5 milliards d’euros (+4,7%) et le carnet de commandes 95 milliards d’euros, dont 19,8 milliards d’euros de commandes enregistrées sur l’année fiscale. Le cash-flow est passé de -557 millions à +502 millions d’euros et le résultat net ajusté de 44 à 498 millions d’euros.
Alstom a aussi enregistré des commandes importantes dans le service et les systèmes, mais il n’a jamais produit autant de voitures (4383) et surtout délivré davantage dans les temps (+21 points sur le taux de livraison). Les défauts ont été divisés par quatre, ce qui permet réduire fortement les retards de paiement. Les objectifs sont bien d’améliorer l’exécution des commandes et de se développer dans la signalisation et les services, quitte à marcher sur les plates-bandes des opérateurs historiques. En Allemagne, deux usines ont été cédées l’an passé et deux sites de matériels roulants vont se tourner vers le service. Mais Henri Poupart-Lafarge insiste sur la nécessité de prendre davantage de commandes de matériels roulants, alors que le groupe est en ordre de marche, y compris dans les anciens sites Bombardier.



