Antoine Frérot, le patron de Veolia, prêt à discuter de son projet avec Suez

Au lendemain de l’annonce du plan B de Suez, Antoine Frérot, le patron de Veolia, réagit à ces propositions qui ressemblent à une paix des braves. Mais il reste inflexible sur son projet.

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Antoine Frérot PDG de Véolia
Antoine Frérot, le PDG de Veolia, est prêt à discuter avec Bertrand Camus, le directeur général de Suez.

Le PDG de Veolia a répondu aux journalistes, ce lundi 18 janvier 2021, au lendemain des propositions de Suez. "Ce qui s’est passé hier soir est pour Veolia la conséquence de nos actions depuis plusieurs semaines, s’est réjoui Antoine Frérot. Le 7 janvier dernier, nous avons remis une offre au Conseil d’administration de Suez. J’avais appelé à la transparence et à ce que chacun dévoile ses cartes."

Le 17 janvier au soir, estime le patron de Veolia, "le théâtre d’ombres s’est effacé et les masques sont tombés. D’une part, il y a une volonté de dialoguer de la part de Suez et nous avons compris avec le fonds Ardian qu’il n’y avait pas de contre-offre. Nous allons donc pouvoir reprendre les discussions là où nous les avions laissés. Les choses se clarifient", a-t-il ajouté.

Un texto de Bertrand Camus

Antoine Frérot a annoncé avoir reçu un texto de la part de Bertrand Camus, le directeur général de Suez, proposant d’organiser le dialogue, juste avant 17 heures. Mais il a bien précisé qu’il "y a un projet et un seul projet concernant Suez. Veolia est prêt à en discuter. C’est sur cette base que je suis disposé à reprendre le dialogue avec le Conseil d’administration. Je me réjouis que la discussion puisse enfin avoir lieu".

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Le conseil d’administration de Suez explique avoir reçu “une lettre d’intention d’Ardian et de GIP, visant à permettre une solution amicale et rapide à la situation créée par l’intention d’offre de Veolia”. Les administrateurs ont approuvé à l’unanimité ce projet, après des mois de conflit entre Suez et Veolia.

Pourtant, le dialogue risque d’être compliqué, dans la mesure où il n’est pas question pour Veolia de changer d’attitude. Il est bien entendu hors de question pour le groupe basé à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) de revendre ses parts acquises auprès d’Engie (29,9%).

Sur la base d’un projet industriel et français

"Nous poursuivons ce projet industriel et français qui va structurer la profession et les entreprises concernées pour des dizaines d’années, a martelé Antoine Frérot. Il n’est pas question de céder des actifs. C’est la logique du projet industriel." Pour lui, le fait que le cours de l’action Suez se rapproche des 18 euros payés par Veolia est "la preuve que les actionnaires de Suez ont compris."

Pourtant, si on lit les déclarations de Suez, difficile d’imaginer que ses dirigeants et ses salariés acceptent de se fondre dans Veolia.

Dimanche 17 janvier, dans un communiqué, Bertrand Camus indiquait : "Fidèle à sa raison d’être, le Groupe Suez propose, avec le soutien d’Ardian et de GIP, l’ouverture d’un dialogue constructif avec Veolia afin de bâtir une solution en cohérence avec la stratégie des deux groupes et renforçant chacun des deux leaders industriels français des services à l’environnement."

Ardian est un fonds français et GIP est un fonds américain, fondé par le milliardaire nigérian Adebayo Ogunlesi, que l’on dit proche de Donald Trump.

Sans accord, le projet continuera

L’intersyndicale de Suez "a pris connaissance et a accueilli favorablement, en première lecture, la solution alternative et amicale au projet hostile de Veolia." Dans son communiqué, elle indique que "ce projet garantit à priori des éléments essentiels à nos yeux qui sont : pas de démantèlement du groupe Suez, préservation de l’emploi en France et forte augmentation de l’actionnariat salarié."

Les positions semblent donc encore très éloignées, mais comme l’a réaffirmé Antoine Frérot : "s’il n’y a pas d’accord, le projet de Veolia continuera sans accord."

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