Nouvelle offensive de Veolia auprès du conseil d’administration de Suez

Veolia a remis au conseil d’administration de Suez sa proposition d’offre publique pour racheter les 70,1 % du capital de Suez qui lui manquent. Une offensive pour maintenir le calendrier prévisionnel et clore l’acquisition avant 15 mois.

Réservé aux abonnés
Antoine Frerot
Antoine Frérot, le patron de Veolia, prévoit de boucler le rachat de Suez avant 15 mois.

Le feuilleton Veolia-Suez reprend en ce début d’année. Veolia vient d’envoyer, ce jeudi 7 janvier 21, une proposition d’offre publique pour le rachat des 70,1% du capital de Suez au conseil d’administration du groupe, avec une lettre de six pages destinée à son président, Philippe Varin.

Dans une longue conférence de presse, les dirigeants ont contré point par point les arguments judiciaires de Suez et assuré qu’ils concluront cette acquisition avant 15 mois, le délai fixé par Veolia lorsque le groupe a lancé cette opération.

A propos des recours de Suez, Eric Haza, directeur juridique de Veolia, évoque des "gesticulations judiciaires". Et rappelle qu’au sujet de la consultation des représentants du personnel, "l’employeur c’est Suez et non Veolia". A propos de la fondation néerlandaise qui devait permettre de bloquer le projet en y logeant les activités eau en France, le Tribunal de commerce de Nanterre avait rendu son avis le 19 novembre 2020. Le juge avait interdit à Suez de rendre irrévocable la fondation avant une assemblée générale, qui n’a pas encore eu lieu. Chez Veolia, on rappelle enfin que l’OPA est adressée aux actionnaires et non aux dirigeants.

Une conclusion espérée cette année

"2021 verra aboutir le projet de rapprochement entre Veolia et Suez, a assuré Antoine Frérot, le PDG de Veolia. Pendant que la direction générale de Suez consacre son énergie à des manœuvres d’obstruction légale destructrices, Veolia continue d’aller de l’avant conformément au calendrier adopté après la réalisation de notre acquisition des parts d’Engie. Entre 9 et 15 mois nous séparent de la fin de ce rapprochement, et notre travail sur les aspects techniques du projet s’intensifie chaque jour."

"Nous avons fait parvenir au Conseil d’administration de Suez une proposition d’offre complète détaillant l’ensemble de notre projet et ses conditions financières." Le patron de Veolia annonce avoir déjà saisi les autorités de la concurrence en Europe et dans d’autres pays où les deux entreprises sont présentes pour boucler l’opération dans les délais prévus. Et il fustige les dirigeants de Suez qui "tentent en vain de retarder une opération inéluctable", ajoutant que "l’acquisition des 29,9% du capital de Suez avait été entérinée".

"Que les masques tombent"

Antoine Frérot précise avoir "fourni aux instances représentatives des salariés de Suez des documents d’une précision sans précédent". Il regrette toujours les mauvaises relations, qui ne concernent selon lui que la direction de Suez, qui refuse toujours de le recevoir. Mais "les manœuvres dilatoires ne feront pas obstacle. Il est temps que les masques tombent", dit-il à propos des offres que Suez doit faire.

Estelle Brachlianoff, directrice générale adjointe en charge des opérations de Veolia, rappelle à cette occasion, "la complémentarité presque parfaite des deux groupes. Il y a très peu de pays où nous sommes présents sur les mêmes métiers. Et ce projet garantit un ancrage en France, c’est une chance pour notre pays. Il garantit aussi de maintenir les emplois, car nous allons créer une filière de l’excellence de la transition écologique". Et de rappeler que le recyclage demande huit fois plus d’emplois que l’enfouissement dans une décharge.

Une levée de fonds de 2 milliards d’euros

Le coût du rachat global est estimé à 11,3 milliards d’euros, moins les parts d’Engie. Il reste environ 8 milliards d’euros, dont la moitié devrait être financée par des cessions prévues dans le cadre de la réglementation sur la concurrence. Pour financer les 3 à 4 milliards restants, une levée de fonds de 2 milliards d’euros est prévue.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.