Suez présente un plan B avec Ardian et GIP pour contrer un rachat par Veolia

Suez contre-attaque. Pour empêcher son rachat par Veolia, le spécialiste des services à l'environnement a présenté le 17 janvier un projet alternatif avec les fonds d'investissement Ardian et GIP.

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Suez NWS Chine
Suez rejette depuis le début le projet d'offre publique d'achat (OPA) mené par Veolia qu'il qualifie d'hostile.

Ardian revient dans la bataille. Pour échapper à un rachat par Veolia, Suez défendait depuis des mois une offre alternative. L’idée se précise enfin. Dimanche 17 janvier, le spécialiste de la gestion de l’eau et des déchets a présenté “une solution amicale” avec le soutien des fonds d’investissement Ardian et Global Infrastructure Partners (GIP).

Dans un communiqué, le conseil d’administration de Suez explique avoir reçu “une lettre d’intention d’Ardian et de GIP, visant à permettre une solution amicale et rapide à la situation créée par l’intention d’offre de Veolia”. Les administrateurs ont approuvé à l’unanimité ce projet après des mois de conflit entre Suez et Veolia.

Ardian et GIP défendent une solution “concertée”

“La lettre d’intention ouvre la voie à une solution globale avec diverses modalités d’exécution possibles, d’effet équivalent, y compris une offre d’achat des actions Suez par les investisseurs, au prix de 18 euros par action, coupon attaché”, précise Suez. En octobre 2020, Veolia avait racheté les parts d’Engie dans Suez au même prix. Ardian s’était déjà manifesté à l’époque aux côtés de Suez pour contrer l’opération, sans convaincre Engie qui avait regretté un projet trop vague. Faute de temps, Ardian avait aussi annoncé qu’il ne déposerait pas d’offre.

Cette fois, le fonds d’investissement français joue les médiateurs avec l'entreprise américaine GIP. Sans parler de contre-offre, les deux sociétés déclarent qu’elles “apportent leur soutien à une solution amicale et concertée renforçant les deux champions français des services à l’environnement.”. Redoutant son démantèlement, Suez argumente que cette nouvelle proposition permettra de préserver l’emploi et de maintenir la concurrence. Des préoccupations régulièrement répétées pour dénoncer le projet d’OPA de Veolia.

"Ce n'est pas une OPA, ce n'est pas une contre-offre", a assuré à Reuters Mathias Burghardt, responsable d'Ardian Infrastructure. Ce dernier a ajouté que les deux fonds étaient prêts à investir à la condition qu'un accord entre Veolia et Suez soit trouvé. Dans leur communiqué, Ardian et GIP indiquent qu'ils disposent "de moyens financiers importants".

Un projet “inéluctable”, selon Veolia

Pour l’instant, Veolia semble camper sur ses positions. Après avoir mené une nouvelle offensive contre le conseil d’administration de Suez, le groupe rappelle “que les 29,9 % qu'il possède au capital de Suez ne sont pas et ne seront pas à vendre : ils constituent la première étape de la construction inéluctable et sous contrôle français du champion mondial de la transformation écologique”.

“Tout projet qui impliquerait directement ou indirectement la cession par Veolia de sa participation au capital de Suez, ou d'autres cessions dénaturant le projet industriel que le groupe porte, est considéré comme hostile par Veolia”, balaye l'entreprise même si le PDG Antoine Frérot se dit "ouvert à la discussion".

Avec Reuters

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