Habitués aux bonnes nouvelles qui remplissent régulièrement le carnet de commandes d’Alstom, on aurait presque oublié le parfum de la défaite. C’est pourtant ce qui vient d’être annoncé de l’autre côté de l’Atlantique. En effet, dans un communiqué en date du 1er mai 2024, le futur exploitant de la ligne à grande vitesse entre Los Angeles et Las Vegas, Brightline, annonce qu’il désigne Siemens Mobility comme «soumissionnaire privilégié pour construire des rames du projet ferroviaire à grande vitesse Brightline West qui reliera Las Vegas et la Californie du Sud. Le contrat comprendra une flotte de dix rames "American Pioneer 220" (AP 220) qui seront fabriquées, livrées au Nevada et testées pour soutenir le calendrier de mise en service de Brightline West en 2028.»
L'AP 220, évolution de la plate-forme Velaro, dont les trains circulent en Europe, devrait rouler à 220 miles/heure (354 km/h). Il sera assemblé dans une usine que Siemens construira aux Etats-Unis. Toujours d’après ce communiqué, le constructeur allemand annoncera la localisation de l’usine quand le contrat sera officiellement signé.
Le premier TGV nord-américain roulera sur la côte est
Par contre, contrairement à ce qui a été publié ces dernières heures, il ne s’agira pas de la première ligne à grande vitesse aux Etats-Unis. Alstom avait remporté en 2016 le contrat pour la ligne entre Boston et Washington, et malgré quelques retards liés aux procédures de certification, les premières rames pourraient circuler en 2025. Les trois quarts des 28 trains ont déjà été produits dans l’usine d’Hornell (Etat de New-York).
La non-sélection d'Alstom pour le TGV californien reste un coup dur pour le site de production états-unien et peut-être pour l’usine québécoise de La Pocatière, qui espérait bien contribuer au projet, selon la confédération des syndicats québécoise CSN. Et la réaction officielle au siège de Saint-Ouen en témoigne. «Nous sommes déçus de la décision prise par Brightline West concernant ce projet ambitieux. […] Alstom était le seul soumissionnaire prêt à construire ces trains entièrement aux États-Unis et avec des travailleurs syndiqués dès le premier jour. » Toutefois, la direction félicite «la vision et le leadership de l'administration Biden-Harris [qui] signifient que d'autres projets de trains à grande vitesse verront le jour dans les mois et les années à venir.» Wait and see !



