Airbus renonce à entrer au capital d’Evidian, une déconvenue pour Atos

Le constructeur aéronautique Airbus préfère mettre un terme aux négociations avec Atos concernant l'acquisition d'une participation minoritaire de 29,9% dans Evidian, sa future branche d'activités numérique, big data et sécurité. Une mauvaise nouvelle pour le groupe français, qui souhaite boucler son plan de scission d’ici l’été.

Réservé aux abonnés
Atos
En juin 2022, Atos a présenté son projet de séparation et prépare depuis sa scission en deux entités.

Le plan de scission d’Atos avançait comme prévu. Il a désormais du plomb dans l’aile. Dans un communiqué publié mercredi 29 mars, le groupe français de services numériques «prend acte de la décision d’Airbus de ne plus poursuivre les discussions entamées en février 2023, concernant l'acquisition potentielle d'une participation minoritaire de 29,9% dans Evidian», sa future branche d'activités numérique, big data et sécurité.

Cette déclaration confirme les informations relayées par BFM Business en début de journée, selon lesquelles plusieurs administrateurs d'Airbus jugeaient déraisonnable le prix (environ 4 milliards d’euros) demandé par Atos. La «structure de l’opération» n’aurait par ailleurs pas séduit le constructeur aéronautique européen, sous pression du fonds TCI, l’un de ses actionnaires historiques, qui n’a pas caché son scepticisme quant à la possibilité de cette prise de participation.

«Airbus est arrivé à la conclusion que l'acquisition potentielle d'une part minoritaire de 29,9% d'Evidian ne correspond pas aux objectifs de l'entreprise», a indiqué un porte-parole du groupe aéronautique à l'AFP, tout en assurant que le lien n’est pas rompu entre les deux entreprises. Selon ce même porte-parole, un partenariat de long terme avec Evidian «a le potentiel pour générer beaucoup de valeur pour les deux entreprises».

Atos toujours dans le rouge en 2022

Dans ce contexte, Atos va-t-il finalement se décider à entretenir l’offre du cabinet de conseil en transformation numérique Onepoint, qu’il a jusqu’à présent ignorée ? En difficultés financières depuis plusieurs années, le groupe souhaite évoluer pour relancer son activité. Il est parvenu à limiter les dégâts en 2022, mais a enregistré une perte nette à 1 milliard d’euros malgré une augmentation du chiffre d’affaires de 4,3%, à 11,3 milliards d’euros. 

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

En juin 2022, il a présenté son projet de séparation et prépare depuis sa scission en deux entités. Une opération qu’il espère finaliser au début du troisième trimestre 2023. Ce plan prévoit également l’introduction d’Evidian en Bourse et la distribution d’environ 70% de son capital aux actionnaires actuels d’Atos. Les négociations avec Airbus portaient sur les 30% restants, propriété d’Atos.

Le groupe souhaite se séparer de ce futur actif pour financer la transformation du futur Atos, concentré sur l’activité historique d’infogérance, Tech Foundations. En la matière, le groupe a confirmé mercredi 8 mars à L’Usine Nouvelle étudier plusieurs marques d’intérêt, dont celle de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.