L’espoir renaît chez Atos, avec des résultats 2022 meilleurs que prévus. Après quatre années consécutives de contraction, le groupe français de services du numérique, qui compte 110 800 salariés dans le monde, dont 16 500 en France, renoue avec la croissance, avec une augmentation du chiffre d’affaires de 4,3%, à 11,3 milliards d’euros. Un résultat supérieur de 67 millions d’euros aux prévisions des analystes de S&G Global. Mais cette performance doit être relativisée. L’augmentation n’est que de 1,3% à taux de change constants et de 0,1% à périmètre constant. Il s'agit donc plutôt d'une stabilisation, que d'un véritable rebond. Cela marque néanmoins une inversion positive de tendance, applaudie en Bourse par un gain du cours de l’action d’environ 10% au lendemain de la publication des résultats mercredi 1er mars.
«Nous atteignons tous nos objectifs financiers clés, se félicite Nourdine Bihmane, codirecteur général du groupe et patron de la division Tech Foundations, qui regroupe les activités historiques d’infogérance. Nos résultats se situent dans le haut de la fourchette de nos prévisions. Toutes nos activités bénéficient d’une accélération au second semestre 2022 et nous avons espoir que l’amélioration se poursuivra en 2023, et ce, malgré un contexte macroéconomique incertain. Nous avons jeté les bases pour le renouveau d'Atos aujourd’hui et demain.»
Une rationalisation du portefeuille produits
La division Tech Fondations, qui plombait les résultats du groupe en raison de la migration des entreprises clientes vers le cloud, bénéficie d’un redressement plus rapide que prévu. Après un plongeon de 11,4% en 2021, son chiffre d’affaires dévisse de «seulement» 1,6% à périmètre constant en 2022, à 6 milliards d’euros en 2022. Nourdine Bihmane impute ce résultat au recentrage sur les contrats clients les plus importants et les plus rentables et à la rationalisation du portefeuille de produits. Le groupe a entamé la réduction ou la cession des trois activités jugées non stratégiques: les services de gestion de process, la vente de matériels et logiciels, et les services de communications unifiées. En dehors de ces trois activités, qui représentent ensemble un chiffre d’affaires annuel d’environ 700 millions d’euros, Tech Fondations affiche une progression organique de 1% au quatrième trimestre 2022.
La division Evidian, qui regroupe les activités numérique, big data et sécurité, termine 2022 avec des résultats en dessous des attentes à cause de l’effet cyclique des commandes de supercalculateurs. Le chiffre d’affaires sort en progression de 2% à périmètre constant, à 5,3 milliards d’euros, mais la direction fait état d’une accélération avec une hausse de 5,4% au second semestre 2022 et de 11% au quatrième trimestre 2022.
Suppressions de postes en Allemagne
Côté profitabilité, Atos affiche une marge d’exploitation positive de 3,1% en 2022, contre 3,5% en 2021. Mais le groupe reste dans le rouge, avec une perte nette divisée par trois en un an à 1 milliard d’euros, supérieure à celle de 450 millions d’euros prévue par S&P Global. La bonne surprise est venue de Tech Foundations, qui enregistre une marge d’exploitation positive de 1,3%. «Nous obtenons ce résultat trois ans en avance sur notre plan», souligne Nourdine Bihmane.
Le plan de scission d’Evidian avance comme prévu selon Diane Galbe, directrice de la stratégie. Les consultations des instances sociales se sont achevées tant au niveau européen, que dans les 31 pays où elles sont obligatoires. La répartition du personnel, des programmes de travail et des flux de revenu a été également bouclée. L’introduction d’Evidian en Bourse et la distribution d’environ 70% de son capital aux actionnaires actuels d’Atos sont prévus au second semestre 2023. Atos a confirmé à nouveau les discussions avec Airbus en vue de lui céder les 30% des parts qu’il détiendra dans Evidian. Il a également rappelé son projet de suppression de plus 7 500 emplois en trois ans, principalement en Allemagne. La France ne serait pas touchée par ce plan.



