A quoi vont servir les 125 millions du plan abattoirs?

Dans le cadre du plan France relance, le gouvernement vient d'annoncer une enveloppe de 125 millions d'euros pour moderniser les abattoirs. Cette somme sera dévolue au renforcement des contrôles et à l'adaptation des infrastructures, avec notamment des projets de vidéosurveillance et le renforcement des sanctions.

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LDC  abattoir de volailles poulets dindes
LDC, abattoir de volailles, découpe et prépare les poulets et dindes pour les marques Le Gaulois, Marie, Maitre coq et Loue à Sablé-sur-Sarthe.

Alors que les autorités publiques s'étaient jusqu'alors montrées très pudiques sur la question du bien-être animal, le plan abattoirs annoncé par le gouvernement ce lundi 5 juillet est sur le point de changer la donne. Dans le cadre de France relance, le ministre de l'Agriculture vient en effet d'annoncer qu'une enveloppe de 125 millions d'euros sera mise à disposition des 1000 abattoirs français. Cette somme servira notamment à moderniser les infrastructures et à augmenter les contrôles. 

Mise en place de la vidéosurveillance

123 projets ont déjà été sélectionnés par le gouvernement dans le cadre de ce plan. Parmi eux, 44 concernent la mise en place d'un système de vidéosurveillance. Envisagée dans le cadre de la loi Alimentation de 2018, l'obligation d'installer des caméras n'avait pas été retenue. La vidéosurveillance est donc, depuis 2018, appliquée à titre expérimental et sur la base du volontariat.

Problème: en 2020, seul trois abattoirs étaient équipés. Outre les réticences des producteurs de viande et des syndicats, qui craignent une augmentation de la surveillance des salariés, la question du financement des installations est l'un des freins avancés par la filière pour justifier son retard. Le plan abattoirs permettra de faire tomber cette barrière, puisque plus d'un tiers des projets sélectionnés concernent l'installation de systèmes de vidéosurveillance. Parmi les volontaires, l'abattoir de Charollais Viandes en Saône et Loire. La structure recevra une aide de 15 000 euros pour installer un dispositif de contrôle vidéo.

Le soutien aux abattoirs mobiles

Autre grande demande des défenseurs du bien-être animal, le soutien aux abattoirs mobiles -qui se déplacent directement sur les exploitations agricoles et réduisent le stress lié au transport pour les animaux - sera également soutenu par le "plan abattoirs". Le projet le Bœuf éthique a notamment été retenu par le gouvernement. Installé en Côté d'Or, ce dernier recevra 581 000 euros pour financier l'acquisition d'une unité d'abattage mobile de gros bovins et la formation des employés. "Le développement de l'abattage mobile contribue à répondre aux fortes attentes économiques et sociétales en termes d'innovation, de bien-être animal et de maillage territorial en capacités d'abattage de proximité" explique le gouvernement dans un communiqué. 

Intensifier les contrôles et les sanctions

En plus des mesures de modernisation, le "plan abattoirs" prévoit également l'intensification des contrôles. "De nouveaux contrôles généralisés et coordonnés dans l’ensemble des abattoirs d’animaux de boucherie seront lancés dès septembre 2021", précise le gouvernement. Ces derniers seront effectué par une brigade mobile composée de six inspecteurs qui pourra intervenir à n’importe quel moment et partout sur le territoire à la demande des préfets ou de la Direction générale de l'alimentation (DGAL).

Les sanctions seront, elles aussi, multipliées : "les dérives de quelques-uns ne doivent jamais jeter l’opprobre sur toute une profession", se justifie le ministère, qui rappelle qu'au cours des 12 derniers mois, six abattoirs ont déjà été fermés dont deux définitivement. 

Des mesures encore insuffisantes pour les associations

Pour les associations de défense du bien-être animal, ces mesures sont "un premier pas" mais loin d'être suffisantes. La fondation 30 Millions d'amis déplore des moyens insuffisants pour assurer la surveillance de l'ensemble des structures. Elle demande également la généralisation de la vidéosurveillance à l'ensemble des établissements. 

L214, de son côté, demande un audit généralisé dans tous les abattoirs et s'inquiète de savoir si les rapports seront rendus publics et du suivi des infractions. Des questions auxquelles le gouvernement n'a, pour le moment, pas répondu. 

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