A Paris, la Tour Triangle devrait (enfin) voir le jour

En 2026, le parc des expositions de la Porte de Versailles devrait accueillir, à Paris, une tour haute de 180 mètres, au terme de plus d’une décennie de rebondissements. Les porteurs du projet promettent des actions en faveur de l’environnement.

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Tour Triangle Paris
Ce nouveau gratte-ciel doit être livré à Paris en 2026.

Il s’agit du énième rebondissement d’un long feuilleton. Lundi 1er novembre, Unibail-Rodamco-Westfield a fait part de son intention de débuter les travaux de la Tour Triangle d’ici à la fin de l’année 2021, au coeur du parc des expositions de la Porte de Versailles, dans le 15ème arrondissement de Paris. Le groupe (3 100 personnes, avec un portefeuille d’actifs valorisé à 56,3 milliards d’euros) spécialisé dans les grands centres commerciaux, l’immobilier de bureaux et l’exploitation de lieux de congrès, s’est rapproché du fonds Axa Investment Managers, filiale de l’assureur Axa, pour le financement du projet. De sources concordantes, l'enveloppe est estimée à 700 millions d’euros.

66 000 mètres carrés de bureaux partagés

« La Tour Triangle sera un atout pour le développement économique et le rayonnement de la capitale. Le projet générera pendant sa construction plus de 5 000 emplois directs et indirects », insiste Unibail-Rodamco-Westfield, dont l’activité a fortement été affectée durant la crise sanitaire à la suite de la fermeture de la plupart des commerces de ses 87 galeries marchandes (le Forum des Halles à Paris, les Quatre-Temps à La Défense…)

66 000 mètres carrés de bureaux partagés (sur un total de 92 000 mètres carrés), un hôtel, un bar-restaurant, une crèche, un auditorium ainsi qu’un centre culturel et un centre de santé doivent prendre place dans cet édifice de 42 étages et 180 mètres de hauteur, conçu par les architectes suisses Jacques Herzog et Pierre de Meuron. Le hall 1 de la Porte de Versailles avait préalablement vu sa surface légèrement réduite afin de libérer une emprise, comprise dans le cadre du projet de rénovation du parc des expositions.

Un projet mouvementé

Le projet avait été présenté en 2008 par Bertrand Delanoë, alors maire (PS) de Paris, pour une livraison espérée en 2012. Une annonce ensuite maintes fois repoussée, pour s’aligner sur les jeux Olympiques de 2024, avant, désormais, d’annoncer une date au 1er semestre 2026. Plusieurs péripéties sur la modification du plan local d’urbanisme du 15ème arrondissement, ainsi que plusieurs recours auprès du tribunal administratif de Paris et du Conseil d'Etat, ont marqué la vie du projet.

Autre événement, l’ouverture, en juin 2021, d’une enquête du parquet national financier pour soupçons de « favoritisme » et de « recel de favoritisme », s’appuyant notamment sur un rapport de chambre régionale des comptes d'Ile-de-France. Il estimait, en juillet 2020, que la tour avait été « insérée de façon critiquable dans l'enceinte du parc des expositions ».

Un bilan écologique contesté

Aussitôt le démarrage des travaux confirmé (il sera confié au groupe belge de bâtiment Besix), de nombreuses réactions ont été émises quant au manque de prise en compte écologique du projet, à commencer par celle du groupe écologiste du Conseil de Paris, pourtant au sein de la majorité municipale. Le groupe juge la future tour « anti-écologique et contraire aux engagements du Plan climat de la ville de Paris ». « Le développement du télétravail et du coworking a bouleversé l'immobilier tertiaire », estiment-ils. Plusieurs groupes industriels (dont Stellantis) ont annoncé, ces derniers mois, leur intention de rationaliser leurs implantations immobilières.

Avant la crise sanitaire, les promoteurs de la Tour Triangle, posée au bord du boulevard périphérique intérieur, avaient déjà tenté de désamorcer les critiques : les étages de bureaux pourront partiellement être reconvertis en logements, tandis que le bâtiment occupera « trois fois moins d’emprise au sol » qu’un immeuble traditionnel de même surface, dans un quartier bien pourvu en transports, avec deux lignes de métro et un terminus de tramway. Aluminium recyclé, béton bas carbone, géothermie et panneaux photovoltaïques doivent contribuer au verdissement de l’opération.

A Paris, les tours Duo doivent être livrées d’ici à la fin de l’année 2021 dans le 13ème arrondissement (122 et 180 mètres de hauteur), tandis que le Tribunal de Paris (17ème arrondissement) avait ouvert en 2018, sur 160 mètres de haut. La Tour Montparnasse (209 mètres, dans le 15ème arrondissement) doit, elle, être entièrement restructurée.

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