Avec l’essor des programmes de production d’hydrogène, le projet d'un démonstrateur de stockage souterrain a été lancé le 21 mars à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence). Dénommé FrHyGe pour 'Full qualification in France of large-scale HYdrogen underground storage and replication from Germany to all European countries', son but est de valider la possibilité d’un stockage d’hydrogène à l’échelle industrielle. «Nous espérons que sa mise en œuvre concrète va créer un effet boule de neige sur tous les projets existants de production d’hydrogène pour accélérer leur réalisation, explique Raphaël Rinaldi, directeur Europe & International Systèmes énergétiques, du pôle de compétitivité Capenergies, l’un des partenaires. S’il reste un démonstrateur, il va donner une visibilité de la faisabilité technique de solutions de stockage, d’injection et de soutirage et permet de préparer le déploiement du marché, d’envisager les modèles d’affaires et les besoins de la chaîne de valeur».
Le projet est porté par 17 partenaires européens, coordonnés par le principal stockeur de gaz français Storengy, filiale du groupe Engie. Le démonstrateur doit être positionné dans deux cavités salines utilisées par l'entreprise Géométhane. Implanté à Manosque depuis 1993, cette entreprise gère neuf cavités dont sept exploitées pour le gaz naturel par Storengy et deux de saumure dont le volume total avoisine les 500 000 m3. C'est ces dernières qui sont appelées à être utilisées pour ce projet.
L’installation permettrait de stocker 6000 tonnes d’hydrogène en phase d’exploitation. Sa technologie serait répliquée en Allemagne sur le site d’Harsefeld (Basse-Saxe) avec une capacité commerciale de 5200 tonnes. FrHyGe s’inscrit dans le programme Clean Hydrogen Partnership de l’Union Européenne qui participe à hauteur de 20 millions d’euros aux 43 millions d’euros d’investissement.
Des expériences d'injection dès 2029
Quatre objectifs articulent la coopération engagée : convertir une cavité saline en gaz naturel vers le stockage d’hydrogène ; démontrer la faisabilité d’injection et de soutirage de 100 tonnes d’hydrogène sur des cycles de 1 heure à 1 semaine dans les cavités converties ; étudier la pénétration du marché et la chaîne de valeur en vue de sa réplicabilité en Europe ; évaluer l’impact environnemental (le site manosquin est dans le parc naturel régional du Luberon ndlr), la sécurité et la réglementation pour préparer le déploiement sur les projets GeoH2 de Manosque et SaltHy d’Harsefeld.

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Côté calendrier, les années 2024 et 2025 sont destinées aux études et analyses. La construction interviendrait en 2026 et 2027. Débuteraient ensuite jusqu’en 2029 les expériences d’injection et de soutirage d’hydrogène sur le site de Géométhane et les études des réactions de l’hydrogène aux différentes pressions.
La décision finale d'investissement attendue en 2025
Pour la directrice exécutive par intérim du Clean Hydrogen Partnership, Mirela Atanasiu, FrHyGe va repousser «les limites de l’art en matière de stockage souterrain d’hydrogène à un niveau inégalé». Il est entouré dans ce projet par Armines, Ineris, l’entreprise d’ingénierie ESK, le gestionnaire de réseau de transport de gaz espagnol Enagas, le transporteur français de gaz GRTgaz, Mines Paris PSL, Geostock, IFP Energies Nouvelles, le bureau d’études naturalistes Eco-MED, Géométhane (GIE Storengy/Géosud), Capenergies, la société d’édition logicielle Artelys et le groupe Axens, spécialiste de la conversion du pétrole et de la biomasse en carburants plus propres.
Pour Provence-Alpes-Côte d’Azur, sa concrétisation fournit une brique de plus à la volonté de décarbonation des industries du pourtour de l’étang de Berre. L’hydrogène stocké pourra les alimenter via le projet de canalisation territoriale de transport Hynframed de 150 km que porte GRTgaz entre Manosque et la zone industrialo-portuaire. Financé par France 2030 et la Région, la décision d’investissement est annoncée pour 2025 et la mise en service pour 2028, en première tranche.



