Au Centre technique Renault de Lardy (Essonne), la Renaulution ne fait pas forcément que des heureux. Poursuivant le déployant de son plan stratégique, le groupe automobile a annoncé mardi 8 novembre la séparation de ses activités et la création de la société Ampere, une filiale dédiée à 100% à l’électrique.
Pour le centre de Lardy (CTL), ouvert en 1951 et spécialisé dans le développement des moteurs ainsi que les essais, cette décision marque la fin d’une époque. «Cette création entraîne le basculement d’une partie des effectifs vers Ampere, tandis que l’autre partie restera salariée de Renault SAS. Cela va entraîner pas mal de conséquence pour le site», explique Florent Grimaldi, porte-parole de la CGT au sein de l’établissement. Selon les calculs de la CFDT, sur les 823 salariés Renault en CDI, 653 seraient transférés chez Ampere et 170 conserveraient leur contrat de travail Renault.
Travailler pour le seul marché de l’électrique
Le lancement d’Ampere acte définitivement la mutation du centre vers le tout électrique, car parallèlement, Renault a décidé la délocalisation en 2025 des activités de développement des moteurs thermiques et hybrides. «Le Centre technique de Lardy sera 100% dédié à l’électrique dans le cadre du projet E-Lardy, qui fait suite à l’accord Re-Nouveau France 2025 signé fin 2021», confirme un porte-parole de la direction de Renault. Cet accord social triennal, signé par la CFE-CGC, FO et la CFDT, prévoit, entre autres, que les sites d’ingénierie concentrent l’ensemble des compétences pour concevoir les véhicules électriques et connectés.
La CGT doute que la montée en puissance de l’électrique à Lardy puisse compenser la disparition du développement des moteurs thermiques et hybrides. Selon le syndicat, l’établissement pourrait perdre entre 215 et 295 collaborateurs à l’horizon 2026. Si cela se confirme, le centre compterait, en 2026, moins de 1 200 salariés (personnels Renault et des sous-traitants confondus) et aura perdu, en une dizaine d’années, la moitié de ses effectifs.
Un laboratoire de R&D sur les batteries en 2025
La CFDT du CTL reconnaît, en substance, que la situation appelle à une certaine vigilance, mais ne partage pas la vision pessimiste de la CGT. En tant que signataire de l’accord Re-Nouveau 2025, le syndicat siège dans le groupe paritaire E-Lardy, qui réfléchit à la reconversion de l’établissement. «L’objectif est de préserver les emplois en créant un écosystème constitué de nouvelles activités liées aux techniques de motorisation électrique», détaille Jean-Marc Kieffer, délégué syndical CFDT.
Selon Jean-Marc Kieffer, le premier résultat concret de ce travail est l’attribution de la construction d’un nouveau laboratoire de chimie des batteries, qui sera mis en service en 2025. Cet équipement représenterait le plus gros investissement à Lardy depuis le Pôle d’innovation mécanique, inauguré en 2010. «Cette activité va nous emmener au-delà de 2030, car ce laboratoire sera équipé pour travailler sur les nouvelles technologies de batteries sèches qui arriveront après 2028. Cela confirme l’intérêt stratégique du site pour le groupe Renault dans les développements de la chaîne de traction électrique», se félicite Jean-Marc Kieffer.



