La ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, était de retour jeudi 14 janvier sur le site Smartville à Hambach (Moselle), six mois après son premier déplacement en pleine tempête sociale. A l’issue d’une table ronde avec les élus et les représentants des salariés, la ministre a apposé son paraphe aux côtés de ceux de Dirk Heilmann, directeur-général d'Ineos Automotive, et de Jörg Burzer, membre du directoire de Mercedes-Benz AG (groupe Daimler), sur l’acte officialisant le transfert du site Smart.
"Ce n’est pas tous les ans qu’une marque automobile voit le jour", a commenté Agnès Pannier-Runacher. Cette signature conclut quatre mois d’intenses négociations avec le britannique Ineos, suite à l’annonce le 3 juillet 2020, de la mise en vente de l’usine Smart par son propriétaire Mercedes-Benz AG. "Je me suis battue aux côtés des salariés et des élus avec un seul objectif en tête, préserver l’emploi et les savoir-faire industriels. Aujourd’hui, je peux dire que la promesse a été tenue", s’est-elle félicitée.
Dans le détail, Ineos reprend 1 300 salariés du site, mais 1 500 personnes au total continueront de travailler sur place jusqu’en 2024, date prévue pour la fin de l’assemblage de la Smart électrique. Une enveloppe de 90 millions d’euros a par ailleurs été attribuée par Mercedes-Benz AG à Ineos en vue de compenser d’éventuels sureffectifs.
Encourager une motorisation hydrogène
Pointant les vertus de "l’Etat stratège", Agnès Pannier-Runacher a évoqué le souhait du gouvernement d’accompagner l’évolution du futur 4x4 Grenadier vers une motorisation à hydrogène, seule technologie bas carbone adaptée à ce type de véhicule rustique : "Je rappelle que nous avons mis place le 11 janvier dernier un conseil national de l’hydrogène en charge de piloter notre plan d’investissement de 7milliards d’euros dans la production d‘hydrogène décarboné." Le Grenadier sera propulsé dans un premier temps par un moteur thermique 6 cylindres BWM, essence ou diesel, du même type qui équipe les SUV X5 et X7.
Philippe Bohlinger La ministre Agnès Pannier-Runacher a découvert un prototype du futur 4X4 Grenadier en présence de Jörg Burzer, membre du directoire de Mercedes-Benz AG, et Dirk Heilmann, directeur-général d'Ineos Automotive. © Philippe Bohlinger
Pour sa part, Mercedes-Benz AG a insisté par la voix de son représentant Jörg Burzer sur sa volonté de "rester un partenaire fort du site de Hambach". L’usine inaugurée en 1997 continuera de fabriquer en sous-traitance la Smart électrique jusqu’en 2024, mais aussi la face avant d’un SUV Mercedes.
La ministre a profité de sa venue pour annoncer la création d’un comité de suivi afin d’observer les opérations de sous-traitance confiée par Mercedes-Benz AG, ainsi que la montée en puissance du Grenadier. Une première réunion est prévue en mai ou juin.
Les premiers mois de 2021 s’annoncent intense sur le site industriel. "Les équipes d’Ineos Automotive planchent sur le projet depuis un à deux ans, mais les salariés de Hambach, ne sont dedans que depuis une semaine", résume Emmanuel Benner, délégué syndical CFTC. Le premier semestre va être consacré à l’adaptation de la ligne d’assemblage et de l’atelier de peintures existants aux dimensions du nouveau véhicule. Une première unité devrait sortir de l’usine fin 2021, avec un objectif de 25 à 30 000 unités en 2022. La commercialisation devrait démarrer au premier trimestre 2022 avec une production destinée pour les deux-tiers à l’Europe, pour un tiers à l’Amérique du nord.



