C’est fait. Le groupe britannique Ineos a racheté le site Smart de Hambach (Moselle). La direction de la communication de Smart France a confirmé à L'Usine Nouvelle que la vente du site avait bien été signée lundi 7 décembre au soir. "Tout est allé relativement vite depuis le 12 novembre. Nous allons maintenant observer comment le changement d'actionnaire va se dérouler. Ineos devrait venir avec ses équipes très prochainement sur le site", a indiqué un porte-parole de Smart France.
Le 12 novembre, le CSE de Smart avait approuvé la vente de l'usine au groupe pétrochimique Ineos, tandis que quatre organisations syndicales avaient signé un accord-cadre prévoyant des mesures sociales en cas de sureffectif.
Une nouvelle ère s'ouvre donc pour Hambach. Cette signature signe en effet la fin (progressive) de la production en France de la citadine de la marque allemande, désormais propriété à 50-50 de Daimler et du Chinois Geely. La production sera remplacée par un 4x4 thermique, le Grenadier, premier modèle développé par Ineos. Un positionnement qui surprend en pleine passage à l’électrique. Mais "le véhicule thermique a encore du potentiel. D’ici à 2030, nous pensons qu’il représentera encore 80 à 85% du marché", indiquait il y a quelques mois à L’Usine Nouvelle Jean-Michel Prillieux, directeur du marché automobile chez Inovev.
1 300 emplois maintenus

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Dans un communiqué publié mardi 8 décembre, Ineos a confirmé son intention de débuter la production de son véhicule à la fin 2021, avec des premières livraisons aux clients attendues début 2022. A l'annonce de son projet Grenadier, le groupe avait indiqué avoir pour objectif d’assembler 25 000 Grenadier par an à terme. Un chiffre supérieur au niveau actuel de Hambach, mais loin de ses capacités réelles. Avec l’arrêt des versions thermiques de la Smart, l’activité du site doit chuter à 15 000 unités en 2020, selon Inovev, contre un record de production de 140 000 unités atteint en 2008.
Pour assurer un certain niveau d’activité, "Mercedes-Benz sous-traitera à Ineos la production des véhicules Smart EQ fortwo et de certains composants Mercedes-Benz sur le site de Hambach", a rappelé le groupe mardi. Des engagements qui vont permettre de conserver "1 300 emplois environ, y compris les sous-traitants sur place". Un niveau qui reste inférieur au nombre de salariés que compte actuellement Smartville - environ 1 500 personnes. "Cette acquisition assure un avenir au site et permet de sauvegarder de nombreux emplois qui auraient autrement pu disparaître" s'est pourtant félicité le groupe britannique.
"Cette étape était attendue de tous pour consolider et valider le transfert vers Ineos de manière définitive. Reste maintenant à préparer la transition du mieux possible pour début janvier. Les challenges sont nombreux et nous serons vigilants sur les engagements pris par les parties dans le cadre de l'accord "Avenir" principalement concernant la sécurisation de l'emploi", a de son côté réagi Emmanuel Benner, délégué syndical CFTC à Hambach.
Julie Thoin-Bousquié et Philippe Bohlinger



