Rien ne semble plus s’opposer à la reprise de Smart par Ineos

Le comité social et économique de Smart France s’est prononcé ce 12 novembre en faveur de l’offre de reprise du britannique Ineos. Un accord-cadre prévoyant des mesures sociales en cas de sureffectif sur l’usine de Hambach (Moselle), a été signé ce même jour par quatre organisations syndicales.

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Ineos Grenadier
Le repreneur britannique Ineos engagerait en parallèle la production de son futur 4X4 Grenadier.

Seul candidat déclaré à la reprise d’usine Smart à Hambach (Moselle), le britannique Ineos a obtenu sans surprise le feu vert du comité social et économique (CSE) de l’entreprise, filiale du groupe Daimler. Bien que consultatif, l’avis rendu ce 12 novembre, à l’issue du processus d’information-consultation, valide le scénario envisagé par le groupe pétrochimique et le constructeur allemand.

Il ouvre la voie à la cession de Smartville, annoncée l’été dernier et attendue officiellement d’ici la fin 2020. "Le CSE a rendu un avis motivé qui apprécie favorablement la cession, tout en identifiant plusieurs points de vigilance. Nous serons notamment attentifs à ce que les discussions autour du maintien des emplois soient préservées", éclaire Thomas Di Francesco, délégué syndical CGT.

Accord-cadre pour des mesures sociales

Ce même jour, les organisations CFE-CGC, CFDT, CFTC, FO, à l’exception de la CGT, ont signé un accord-cadre avec la direction de Smart France identifiant les mesures sociales qui s’appliqueront en cas de sureffectif sur le site (pré-retraite, départ volontaire, etc.). "Cet accord n’est malheureusement pas à la hauteur de ce que Daimler a pu concéder en Allemagne, mais il laisse la porte ouverte à de nouvelles négociations", pointe Emmanuel Benner, délégué syndical CFTC. Afin de compenser cet éventuel sureffectif, le groupe allemand prévoirait d’allouer à Ineos une enveloppe de 90 millions d’euros.

Dans ce contexte, Philippe Simard, élu FO au CSE, se félicite pour sa part de la prime de 11 000 euros par an obtenue auprès du constructeur dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires).

Sur le plan industriel, Ineos continuera de produire la petite citadine électrique pour le compte de Daimler jusqu’au premier trimestre 2024, ainsi que le plancher avant d’un SUV Mercedes. Le repreneur britannique engagerait en parallèle la production de son futur 4X4 Grenadier.

Selon le scénario présenté par le cabinet Roland Berger au ministère de l’Economie et des finances, la montée en charge du Grenadier devrait susciter un pic d’emploi de 1 900 personnes dont 400 intérimaires. Les effectifs devraient ensuite redescendre à 1 300 emplois à l’horizon 2024 avec l’arrêt de la Smart. Au final, avec les mesures de détachement d’opérateurs sur d’autres sites, 150 salariés resteraient sans solution à cet horizon.

Actuellement, 1 570 personnes sont employées à Smartville. Parmi elles, 920 sont salariées directement de Daimler et 650 de ses sous-traitants installés sur place. Parmi ces derniers, 400 ont signé un accord de mobilité qui prévoit leur recrutement par Smart France avec l’arrêt programmé de la citadine biplace.

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