100000 tonnes de CO2 capturées par an en 2030. Telle est l'ambition des start-up RepAir et C-Questra avec leur projet de captage de CO2 dans l'air (DAC) sur le site de Grandpuits, en Seine-et-Marne. S'il n'a rien à voir avec la raffinerie en conversion de TotalEnergies, ce projet s'insère bien dans la stratégie de captage-stockage de carbone (CCS) de la France, qui veut développer le stockage de CO2 souterrain, en plus de celui en mer. Or une étude du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) juge la zone de Grandpuits favorable à un tel stockage, dans des aquifères salins à 1800 mètres de profondeur. La première demande d'exploration de la zone a été déposée par la start-up néerlandaise C-Questra, spécialisée dans la logistique de stockage de CO2.
Après avoir creusé un puits pour réaliser ses tests d'injection et de séquestration, C-Questra aura besoin de CO2. C'est là qu'intervient RepAir. Née en 2020 à Yokneam, dans le nord d'Israël, cette jeune pousse développe une technologie issue d'un laboratoire de chimie de l'université du Delaware (États-Unis) travaillant sur l'hydrogène. Contrairement aux autres solutions de capture de CO2 dans l'air, à base de solvants liquides ou solides, RepAir utilise un procédé électrochimique avec des cellules composées de deux électrodes en nickel et d'une membrane classique d'électrolyseur.
Son procédé capte en continu, à température ambiante avec un courant de faible intensité, quand les autres technologies impliquent de régénérer les solvants ou absorbants une fois saturés en CO2 lors d'opérations à haute température et énergivores. «Notre technologie affiche une consommation d'énergie de l'ordre de 600 kWh par tonne de CO2, contre environ 2,5 MWh pour d'autres technologies, soit 70 % de moins», indique Jean-Philippe Hiegel, le directeur stratégie et développement de RepAir, arrivé à cette fonction après quinze ans chez TotalEnergies et un passage dans la coentreprise Northern Lights, dédiée au stockage de CO2 offshore en Norvège.
Moins de 100 euros la tonne de CO2 captée

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3 Avril 2026
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Grâce à une première levée de fonds de 10 millions de dollars en 2022, RepAir a construit une unité pilote d'une capacité de capture dans l'air d'une tonne de CO2 par an sur le toit de ses laboratoires de Yokneam. Installée en octobre 2023, elle a déjà permis de cumuler les données de 5000 heures de capture réalisées sur trois lignes de test pour évaluer la performance des électrodes. En parallèle, l'équipe a déposé un brevet pour remplacer le métal des séparateurs de cellules en polymère recyclé. «Nous travaillons aussi avec des partenaires pour développer une membrane plus appropriée à nos besoins», précise Jean-Philippe Hiegel. La start-up compte produire ses électrodes dans des gigafactories réparties dans le monde, à proximité des lieux de captage.
Autant d'améliorations et de choix industriels qui doivent permettre à RepAir de tenir son engagement d'un procédé n'émettant sur son cycle de vie que 5% du CO2 capté et d'afficher un prix de capture inférieur à 100 euros la tonne. Les unités de stockage pourront monter jusqu'à 1 million de tonnes de CO2 captées par an sur un même site. En avril, RepAir a d'ailleurs passé un partenariat avec la start-up new-yorkaise Cella, spécialisée dans la minéralisation du CO2 pour un premier projet au Kenya alimenté par de l'électricité géothermique. En juin, elle a aussi annoncé un partenariat avec la société EnEarth pour du stockage offshore en Grèce. Et en août avec C-Questra pour du stockage terrestre en France et en Pologne.



