À Davos, lune de miel entre Donald Trump et Patrick Pouyanné sur le GNL américain

Intervenant en liaison vidéo au Forum économique mondial de Davos, le président des États-Unis Donald Trump a été interrogé par Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies. De quoi constater que leurs violons sont bien accordés sur les perspectives du gaz naturel liquéfié.

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NE PAS REUTILISER Donald Trump face à quatre chefs d'entreprises au forum de Davos (Suisse).
Le patron de TotalEnergies Patrick Poyanné (deuxième à droite) pose une question à Donald Trump au Forum économique mondial de Davos (Suisse).

Si le président américain met depuis plusieurs mois la pression sur l’Union européenne pour acheter le gaz américain, seule échappatoire selon lui à l’imposition de tarifs douaniers, Patrick Pouyanné ne voit pas cela comme une menace, mais comme une opportunité. Une opportunité sur laquelle le PDG de TotalEnergies veut des garanties.

Patrick Pouyanné était l’un des quatre dirigeants d’entreprises invités à dialoguer avec le président Donald Trump, qui intervenait au Forum économique mondial de Davos (Suisse) jeudi 23 janvier via un entretien vidéo. Après avoir rappelé que TotalEnergies était «le premier exportateur de GNL américain», contribuant ainsi «à la sécurité énergétique de l’Europe», il lui a demandé son avis sur le développement des installations de liquéfaction de gaz naturel.

Le Français a pointé le fait que «certains experts estiment que si trop de projets sont développés aux États-Unis sur le GNL, cela pourrait avoir un effet inflationniste sur le prix du gaz domestique aux États-Unis et ils recommandent une pause sur ces projets». Des voix s’élèvent en effet à ce sujet aux États-Unis, tant chez les analystes que parmi les grandes entreprises manufacturières consommant du gaz.

Ces dernières alertent sur une hausse du coût de l’énergie nécessaire au fonctionnement de leurs usines si une trop grande partie du gaz américain était dédiée à l’exportation. Ces acteurs domestiques craignent de payer le prix d’une trop forte demande et d’exposer leurs coûts de production à la volatilité des marchés mondiaux. C'est aussi une préoccupation pour les consommateurs particuliers, à qui Donald Trump a promis la fin d'une période d'inflation très mal vécue et qui a en grande partie assuré sa victoire. 

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Le gaz domestique en baisse selon Donald Trump

Le président des États-Unis a balayé cette menace. «Je pense que plus nous faisons [de projets], plus le prix sera bas, a-t-il voulu rassurer Patrick Pouyanné. Et je veux voir des autorisations rapides aux États-Unis.» Dès son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a d’ailleurs abrogé le moratoire sur de nouvelles usines de liquéfaction de gaz et, le 21 janvier, a mis fin au moratoire sur les permis d’exportation de GNL que le gouvernement Biden avait gelés.

Comme nous l’expliquions précédemment dans nos colonnes, les sites de liquéfaction déjà en construction ou récemment ouverts suffisent déjà à doubler les capacités d’exportation d’ici à trois ans. Sur la question de la sécurisation des approvisionnements, Donald Trump a claironné : «Oui, je m’assurerai de l’approvisionnement. Si nous faisons un deal, nous le respecterons.»

Toujours plus de besoin énergetique avec l'IA

Reste que, côté domestique, les besoins en énergie iront croissants, estime le président, qui affirme : «Nous devons doubler le volume d’énergie que nous avons actuellement aux États-Unis pour que l’IA soit aussi puissante que ce que nous voulons. Nous serons ainsi très compétitifs vis-à-vis de la Chine et des autres.» Il a ainsi affirmé qu’il allait proposer aux acteurs de l’IA de construire leur propre centrale de production électrique à côté de leur site pour ne pas dépendre d’un réseau vieillissant.

Il s’est lancé également dans un grand panégyrique du charbon comme énergie de secours pour ces centrales à développer. «S’ils ont un problème avec les pipelines pour le gaz, ils pourront utiliser du charbon propre. Ils pourront s’appuyer dessus à court terme. Rien ne peut détruire le charbon, ni la météo, ni une bombe. Le charbon est un super backup pour ces usines. Et nous avons plus de charbon que tous, nous avons plus de pétrole et de gaz que tous.»

Paix, croissance : vive les hydrocarbures 

Dans un élan de passion pour toutes les catégories de fossiles, Donald Trump a affirmé qu’il allait demander à l’Arabie saoudite et à l’OPEP de faire baisser les prix du pétrole. «Je suis surpris qu’ils ne l’aient pas déjà fait avant l’élection. Cela n’a pas montré beaucoup d’amour pour nous. Si le prix baisse, la guerre Russie-Ukraine se terminera immédiatement. […] Et avec les prix du pétrole qui baisseront, je demanderai à ce que les taux d’intérêt baissent aussi immédiatement.»

Bref, avec Donald Trump, les hydrocarbures sont la réponse à tous les problèmes de la planète. A l’exception du climat. Mais tous savent désormais que cette question n’a aucune importance pour le nouveau maître de la première puissance économique mondiale.

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