Stellantis va investir plus de 4,8 milliards d'euros dans ses usines américaines, une main tendue à Donald Trump

Le dirigeant par intérim de Stellantis, John Elkann, a rencontré Donald Trump en amont de son investiture et lui a annoncé que Stellantis allait investir plus de 5 milliards de dollars dans son outil industriel américain. A l'arrêt depuis mars 2023, l'usine de Belvidere, dans l'Illinois, doit rouvrir ses portes.

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usine Stellantis Belvidere (Illinois) Jeep
Stellantis va injecter 1,2 milliard de dollars dans son usine d'assemblage de Belvidere (Illinois), à l’arrêt depuis mars 2023.

Un deal est un deal, surtout quand Donald Trump est de retour à la Maison-Blanche. Le constructeur automobile Stellantis va investir plus de 5 milliards de dollars (4,8 milliards d’euros) dans ses usines américaines. L’information a été rapportée par la presse anglo-saxonne mardi 22 janvier dans la soirée, détaillant que John Elkann, président exécutif par intérim de la multinationale, en a lui-même fait l’annonce à Donald Trump lors d’une entrevue en amont de son investiture, qui a eu lieu lundi 20 janvier. En septembre 2024, Stellantis avait déjà annoncé investir 406 millions de dollars pour moderniser trois de ses usines américaines dans le Michigan.

La réouverture de l’usine de Belvidere (enfin) confirmée

«John a dit au président que, forts de notre histoire de plus de 100 ans aux États-Unis, nous avons l'intention de poursuivre cet héritage en renforçant encore notre empreinte manufacturière aux États-Unis et en assurant la stabilité de notre main-d'œuvre américaine», a écrit dans un message à ses employés Antonio Filosa, le directeur des opérations nord-américaines de Stellantis. Ces projets «impliquent un investissement de plusieurs milliards de dollars dans notre personnel, nos produits de qualité et notre technologie innovante, le tout ici aux États-Unis».

Dans le détail, le constructeur prévoit d’investir dans son usine de Detroit (Michigan) pour y produire une nouvelle voiture Dodge et dans son usine de Toledo (Ohio) qui fabrique des pick-ups de la marque Jeep. Des investissements vont également être fléchés vers le site de Kokomo (Indiana), pour y assembler un nouveau moteur à quatre cylindres. Surtout, Stellantis, va injecter 1,2 milliard de dollars dans son usine d'assemblage de Belvidere (Illinois), à l’arrêt depuis mars 2023

Changement de braquet

Ce site d’assemblage avait été placé dans la balance par Stellantis lors des âpres négociations salariales entre les “Detroit Three” (Stellantis, General Motor et Ford) et le puissant syndicat UAW. À l’issue des pourparlers, Stellantis s’était engagé en septembre 2023 à relancer la production dans cette usine pour y produire un nouveau pick-up de taille moyenne d'ici à 2027. Sans que cet engagement soit suivi d’effet sous la direction de Carlos Tavares.

Depuis sa démission forcée début décembre, John Elkann dirige l’entreprise en attendant que le conseil d’administration désigne un nouveau directeur général mi-2025. L’héritier de l’empire Fiat a multiplié les gestes d’apaisement ces dernières semaines envers les dirigeants politiques, en Italie comme aux États-Unis, où Donald Trump menace d’imposer des droits de douanes de 25% sur «tous les produits» importés du Mexique et du Canada. Stellantis, qui a multiplié les plans de départ volontaire outre-Atlantique depuis sa création en 2021, a annulé la veille de Noël la suppression de 1100 postes prévue chez Jeep.

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