Malgré la résistance des levées de fonds au premier semestre, les créations nettes d’emplois par les start-up françaises ont ralenti depuis le début de l’année par rapport aux six premiers mois de 2023. Au cours du premier semestre, la French Tech a généré environ 13 400 emplois supplémentaires, soit une hausse de ses effectifs de 4% contre +7,2% au premier semestre 2023.
Ces chiffres ont été dévoilés jeudi 18 juillet par l’organisation professionnelle de l’industrie du numérique Numeum, qui a travaillé avec le fournisseur de données sur les écosystèmes d’innovation Motherbase. «Nous observons un tassement en comparaison avec le premier semestre 2023, mais plutôt une dynamique positive par rapport au second semestre 2023 où les effectifs n'avaient progressé que de 1,5%», commente Guillaume Buffet, administrateur de Numeum et fondateur de Motherbase, auprès de L’Usine Nouvelle. «Un changement semble également avoir eu lieu dans la manière dont les start-up créent des emplois. Celles-ci ne sont plus autant entraînées par les levées de fonds et subissent une forte pression sur l’évolution de leur chiffre d’affaires depuis deux ans. D’où une sorte d’appairage entre la croissance du chiffre d’affaires et la création d’emplois qui implique une dynamique plus pérenne, mais aussi plus calme», ajoute Guillaume Buffet.
La greentech et l'industrie ont le vent en poupe
Les chiffres fournis par Motherbase s’appuient sur les déclarations des salariés sur LinkedIn pour un échantillon de plus de 13 500 start-up. De quoi obtenir «une tendance proche de la réalité» dans cet écosystème, selon Guillaume Buffet, malgré un risque de décalage des déclarations par rapport aux embauches et une comptabilisation pas forcément exhaustive.
La greentech, qui rassemble les jeunes pousses visant à limiter les impacts sur l’environnement, et les start-up industrielles ressortent ainsi comme les segments les plus pourvoyeurs d’emplois au premier semestre. La greentech représente environ 21% des créations nettes d’emplois sur cette période et l’industrie 20%, tout en sachant que ces emplois peuvent parfois appartenir aux deux catégories, une start-up industrielle pouvant être également une greentech dans l’analyse de Motherbase.
ACC en tête du top 10
Dans l'industrie, le fabricant de batteries ACC, dont les actionnaires sont Stellantis, Mercedes-Benz et la filiale de TotalEnergies Saft, arrive en tête du top 10 avec 251 créations nettes d’emplois au premier semestre, selon le comptage de Motherbase. Avec respectivement 127 et 121 postes créés, la jeune pousse de la robotique logistique Exotec et le fabricant de batteries Verkor occupent les deuxième et troisième places du podium.
Suivent l’entreprise de piles à combustibles Symbio, dont les actionnaires sont Stellantis, Forvia et Michelin, avec 78 emplois, le spécialiste de la chimie verte Afyrenavec 52 emplois, le producteur d’énergie renouvelable Tenergie avec 51 emplois et le constructeur d’avion hybride électrique Aura Aero avec 43 emplois. Le spécialiste du bâtiment solaire Irisolaris, le constructeur de dirigeables Flying Whales et le fabricant d’électrolyseurs Elogen complètent enfin ce classement avec un peu moins de 40 emplois créés par chacune de ces sociétés.
4% des start-up ont créé plus de dix emplois
Pour ce qui est des autres greentech, les sociétés de bornes de recharge Electra et Driveco ont créé 86 et 41 emplois. La jeune pousse Naarea, qui développe des mini-réacteurs nucléaires, a de son côté généré 40 créations de postes.
Selon les calculs de Motherbase, les jeunes pousses de la greentech et de l’industrie ont créé en moyenne près de deux emplois par entreprise au premier semestre, contre moins d’un emploi pour les start-up de l’IA au sens large. En revanche, les start-up de l’IA générative ont augmenté leurs effectifs de près de trois salariés en moyenne. «Ces dernières sont souvent des entreprises naissantes dans des phases de croissance extrêmement rapide», commente Guillaume Buffet.
Au global, environ 4% des start-up ont créé plus de dix emplois en solde net au premier semestre 2024. Chaque mois depuis le début de l’année, environ 20% des start-up enregistrent des créations nettes d’emplois, quand 15% en détruisent et 65% maintiennent leur effectif inchangé. La dynamique de création d’emplois est par ailleurs de moins en moins francilienne. Les start-up de l’Île-de-France ont généré 54% du total des créations d’emplois au premier semestre, contre 58% sur l’ensemble de l’année 2023 et 66% des créations d’emplois en 2022.



