Le ralentissement économique continue de peser sur la French Tech. Au premier semestre 2024, les levées de fonds des start-up tricolores se sont élevées à 4,3 milliards d’euros environ, un montant parfaitement égal à celui collecté au premier semestre 2023 malgré un nombre d’opérations en hausse de 6%.
L’euphorie des années de reprise post-Covid, avec plus de huit milliards d’euros investis dans l’écosystème au premier semestre 2022 et plus de cinq milliards sur les six premiers mois de 2021, n’est plus qu’un lointain souvenir, alors que les taux d’intérêt élevés pèsent sur l’activité des fonds. «Ces chiffres sont le reflet de l’état de convalescence de la French Tech après le gros coup de froid des 18 derniers mois», écrit, un brin fataliste, Franck Sebag, l’associé d’EY qui commente l’étude de son cabinet publié mardi 16 juillet.
Malgré le ralentissement des derniers mois, les jeunes pousses françaises continuent de lever plus d’argent qu’avant la crise Covid. Par rapport au premier semestre 2023, la France creuse même l’écart en tête du classement de l’Union européenne, car l’Allemagne enregistre une baisse des montants levés de 12%, à 3,7 milliards d’euros. En revanche, le Royaume-Uni reprend de l’avance par rapport à l’Hexagone avec une augmentation de 21% de ses levées de fonds en valeur, à 8,5 milliards d’euros.
Les start-up de l'industrie verte dépassées
Dans ce contexte morose, une tendance majeure doit toutefois être notée par rapport aux six premiers mois de 2023. A l’époque, les start-up de l’industrie verte avaient attiré le plus de capitaux pour la première fois parmi l’ensemble des secteurs. Cette année, le secteur des logiciels retrouve sa première place avec près de 1,5 milliard d’euros investis dans ses entreprises, en hausse de 51% par rapport à l’année dernière en dépit d’une baisse importante du nombre de tours de table. «Cette performance s’explique principalement par l’accélération des projets autour de l’IA générative», souligne Franck Sebag.

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Dans le top 5 des plus grosses levées en France sur ce premier semestre, on retrouve les deux start-up de l’IA générative Mistral AI et H Company respectivement à la première et à la quatrième place avec 468 millions d’euros et 184 millions d’euros glanés. La jeune pousse Pigment, qui développe une plateforme permettant aux décideurs d’établir leurs budgets, gonfle aussi les chiffres de la catégorie "logiciels" avec la cinquième plus grosse levée tricolore de 134 millions d’euros. La société recourt aussi à des fonctionnalités d’IA générative.
Incertitude sur le second semestre
En deuxième et troisième positions, les start-up de l’industrie verte sont tout de même à l’honneur avec les levées du spécialiste de la recharge de véhicules électriques Electra de 304 millions d’euros et du gestionnaire de stations hydrogène Hysetco de 200 millions d’euros. Au total, la valeur des opérations réalisées par les greentechs est d’environ 1,1 milliard d’euros, en recul de 5% par rapport à l’année précédente. Les start-up de la santé au sens large complètent le podium sectoriel avec 474 millions d’euros levés.
Au second semestre 2023, quatre milliards d’euros supplémentaires avaient été levés par les jeunes pousses tricolores. L’écosystème aura fort à faire pour atteindre ce niveau dans un contexte d’incertitude politique et de paysage macroéconomique toujours difficile. «Dans le climat d’incertitude actuel, il est impératif de maintenir le cap et surtout de garder à l’esprit qu’un brusque changement des règles du jeu pourrait mettre un frein à cette dynamique», prévient Franck Sebag.



