Voici les 18 lauréats de l'appel à projets «Première usine» de France 2030

En déplacement chez le fabricant d'exosquelettes médicaux Wandercraft le 24 novembre, les ministres délégués à l'industrie Roland Lescure et au numérique Jean-Noël Barrot ont présenté les lauréats de l'appel à projets «Première usine» du plan France 2030. A la clé : une subvention pour la création d'une première ligne de production ou d'une ligne dédiée à un produit innovant par une start-up ou une PME. Santé, agroalimentaire et mobilité sont à l'honneur.

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Exosquelette Wandercraft
Chez Wandercraft, où Roland Lescure a présenté les lauréats de l'appel à projets "Première usine".

C’est un coup de pouce qui devrait aider à passer à l’échelle. En déplacement chez le fabricant d’exosquelettes médiaux Wandercraft jeudi 24 novembre, les ministres délégués à l’industrie Roland Lescure et au numérique Jean-Noël Barrot ont présenté les lauréats de l’appel à projets «Première usine», lancé en janvier dans le cadre de France 2030 et du plan de soutien au passage à l'échelle des start-up industrielles.

Dans la santé, l’agroalimentaire, l’aérospatiale ou encore la mobilité, 18 start-up et PME vont ainsi bénéficier d’une subvention pour un premier site industriel ou la création d’une ligne destinée à une production innovante, en rupture de leur activité existante. Les projets, d’un montant minimum de 5 millions d’euros, devraient recevoir un financement équivalent à 20 à 30% de l’investissement total, selon le cahier des charges émis par Bpifrance. Total de l'enveloppe allouée : 88 millions d'euros.  

Dans l’agro, microalgues et viande végétale

Représentant plus d’un quart des lauréats, l’agroalimentaire tient une place de choix dans ce palmarès. Ainsi, la start-up Microphyt reçoit un financement pour sa bioraffinerie de microalgues près de Montpellier (Occitanie), des ingrédients bioactifs destinés aux univers de la nutrition et des cosmétiques. La filiale du groupe Proxis Développement Bioprox, elle, obtient un financement pour moderniser la fabrication ferments lactiques à Noyant (Pays-de-la-Loire).

Autre technologie soutenue : celle de valorisation des déchets de fruits et légumes en farines riches en fibres et en protéines de Green Spot Technologies, qui fait d’un déchet de l’agroalimentaire, une ressource. La jeune pousse initialement basée en Nouvelle-Zélande devrait ainsi passer le cap de l’industrialisation en Occitanie.

Dans cette même région, la start-up Futura Gaia Technologies va créer son usine de fabrication de fermes verticales automatisées, installées dans des cylindres rotatifs. L'appel à projets va également profiter à la pépite Umiami qui, après trois ans de R&D et une ligne pilote à Villebon-sur-Yvette (Essonne), va lancer son usine de fabrication de blancs de poulet végétaux, prévue pour employer à terme 200 emplois. Elle a déjà levé 26,5 millions d’euros en avril dans ce but.

Des robots et des mouches pour la santé

Le secteur de la santé n’est pas en reste dans cette première vague de lauréats. En robotique notamment, avec Wandercraft en tête. Visitée par le ministre délégué, la pépite qui fabrique des exosquelettes robotisés capable de faire marcher des personnes en fauteuil roulant, va pouvoir passer à l’échelle supérieure, alors que son atelier d’assemblage parisien ne produit pour l'instant que quelques dizaines de pièces par mois.

Plus vraiment une start-up, avec sa centaine de salariés, Ecential Robotics (ex-Surgivisio) fabrique des plateformes d’imagerie et de robotique chirurgicale à Gières (Isère). Après avoir sécurisé un financement de 100 millions d’euros en 2021 et créé une usine de 1 100 m², l’entreprise vise désormais à atteindre la production de 100 à 200 plateformes par an. La subvention devrait lui permettre de multiplier par 20 sa capacité de production actuelle, précise-t-elle dans un communiqué. 

Après avoir abandonné la fabrication de viande artificielle, la jeune pousse Core Biogenesis se lance, elle, dans la bioproduction de facteurs de croissance, des molécules utilisées pour créer des thérapies cellulaires, ouvrant la voie au traitement de cancers ou de maladies neurodégénératives. Avec une levée de fonds de 10 millions bouclée en avril, la subvention devrait lui permettre d’industrialiser à Strasbourg son procédé basé sur l’utilisation de lin sauvage.

Moins ragoûtant, le procédé de Comgraf se base, lui... sur l’élevage de larves de mouches, de krill et de champignons. Ceux-ci produisent un polymère fréquemment utilisé dans les cosmétiques et les médicaments : la chitine. Basée à Lacq (Nouvelle-Aquitaine), l’entreprise envisage d’atteindre 120 salariés dans les années à venir… et 200 en 2028.

Electrique, hydrogène et solaire pour la mobilité 

Un plan de soutien à l’innovation ne serait pas complet sans son lot de véhicules électriques et hydrogène. Ainsi, la start-up marseillaise Bellatrix, qui fabrique des vélos électriques dopés à l’intelligence artificielle, le fabricant de bornes de recharges hydrogène Atawey basé en Savoie et le fabricant montpelliérain de bornes électriques Ampère reçoivent chacun une subvention.

L’aérospatiale en profite également. Notamment à travers la pépite XSun, basée à Guérande (Loire-Atlantique), qui avait présenté son micro-drone à énergie solaire au salon du Bourget en 2019. Idem pour la start-up de Florence Robin Limatech, qui conçoit et fabrique des batteries au lithium pour le démarrage des moteurs thermiques du secteur aéronautique, et pour la PME Erems, implantée à Flourens (Occitanie) qui conçoit et fabrique des équipements d’électronique embarquée pour le spatial.

Recyclage, construction et bioplastiques

Les solutions de défense de l’environnement ne passent pas uniquement par la mobilité. Ainsi, la start-up de recyclage des mégots de cigarettes TchaoMegot – qui les transforme sans produit chimique en isolant pour le bâtiment ou le fourrage de doudounes – bénéficie d’une subvention. Tout comme Eranova, la start-up de Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône) qui collecte des algues pour les transformer en granulés bioplastiques destinés à la production de sacs, emballages et gobelets.

Pour finir, la start-up des Hauts-de-France NeoCem, fondée en 2021, va elle aussi bénéficier d’une subvention pour industrialiser la production de son ciment bas-carbone, capable de diviser par quatre les émissions du ciment classique.

Autant de projets qui rappellent la variété des start-up industrielles en France et leur implication dans la transition écologique - sur laquelle les deux tiers des lauréats se positionnent directement. Après la R&D, les prototypes et les petites séries, ces jeunes pousses vont traverser le difficile passage à l'échelle industrielle, connu comme la vallée de la mort. Cette aide devrait les aider à y parvenir... tout en contribuant à la création d'emplois industriels sur le territoire. 

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