A en croire Bpifrance, les signaux sont au vert pour atteindre l’objectif ambitieux de 100 nouveaux sites industriels par an en France à l’horizon 2025. Quelques mois après l’annonce par le gouvernement d’un plan de soutien à l’industrialisation des start-up, les dispositifs d’accompagnement mis en place dans la foulée suscitent déjà l’enthousiasme parmi les 1600 start-up à vocation industrielle identifiées à fin 2021 dans le pays. « Le cycle est de plusieurs années avant de voir les effets de ce plan. Mais les premiers signaux sont très encourageants et laissent penser que le pari était le bon », a estimé Paul-François Fournier, le directeur exécutif de Bpifrance en charge de l’innovation, lors d’un point presse lundi 27 juin. Celui-ci avait lieu en amont d’un rendez-vous avec l’écosystème qui s’est tenu mardi 28 juin à Paris pour entretenir la dynamique du plan.
Les dispositifs d’accompagnement concernent les start-up industrielles mais aussi les PME et ETI de l’industrie. « Il y a aussi un besoin de créer des sources de financement pour les PME qui portent des innovations de rupture, à travers de nouveaux produits par exemple », précise le représentant de Bpifrance. L’innovation incrémentale n’est ici pas la cible.
Le fonds national de venture industriel sur les rails
L’appel à projets « Première usine », lancé dès janvier, a rassemblé 83 dossiers de candidature lors d’un premier relevé début avril. Les décisions de subventions auront lieu début septembre et devraient être favorables pour un gros tiers des dossiers. « C’est un retour significatif pour un appel à projets de Bpifrance, il y a beaucoup d’appétence », indique Paul-François Fournier. Plus axé sur le financement de démonstrateurs ou de petites usines pilotes, le prêt « Nouvelle industrie » a été lancé en mars et dispose d’une enveloppe de 200 millions d’euros en 2022. Dix dossiers sont à un stade avancé d’instruction pour un montant de 88 millions d’euros et une quinzaine de demandes supplémentaires ont été déposées. « Je n’ai aucun doute sur le fait que nous atteindrons les 200 millions d’euros. Nous devrons même rediscuter avec l’Etat pour la suite », souligne Paul-François Fournier.
Les deux autres poids lourds du plan, le fonds Sociétés de projets industriels (SPI) 2 et le fonds national de venture industriel, sont aussi sur les rails. Doté d'un milliard d’euros, le premier a bouclé son financement en mai et trois décisions d’investissement ont déjà été prises, sans que les noms des entreprises concernées ne soient dévoilés pour l’instant. Le fonds de fonds national de venture industriel a de son côté été présenté à une vingtaine de sociétés de gestion en mai, mais ses contours mettent plus de temps à se dessiner.
Au-delà du financement, Bpifrance a soutenu jusqu’ici 17 diagnostics d’amorçage industriel qui visent à fournir très en amont aux start-up une vue d’ensemble de leurs enjeux. Concrètement, la banque publique finance pour moitié l’intervention d’un consultant sur dix jours. « Nous voulons en faire une centaine cette année », annonce Paul-François Fournier. Un portail web est également mis à disposition des entreprises pour présenter ces différents dispositifs.
25 nouveaux sites industriels
Le déroulement du plan « start-up industrielles » pourrait en revanche être bousculé par le contexte macroéconomique, marqué par une hausse généralisée des coûts pour les entreprises. De quoi enrayer l’effet de levier recherché par Bpifrance auprès d’investisseurs privés ? « Avec France 2030, l’Etat prend quand même une partie du risque et les acteurs financiers ont intérêt à prendre ce pari des start-up industrielles, après la vague du numérique », veut croire Paul-François Fournier.
Selon Bpifrance, 25 nouveaux sites industriels ont été inaugurés par des start-up et des PME dans le cadre de projets industriels innovants au cours du premier semestre. De janvier à mai, les start-up industrielles ont levé par ailleurs environ un milliard d’euros, avec en premier lieu les près de 300 millions d’euros levés en début d’année par Exotec.



