La start-up marseillaise Bellatrix dope ses vélos électriques à l’intelligence artificielle

La société marseillaise Bellatrix, qui propose les vélos à assistance électrique IWeech, a conçu deux modèles sans écran ni levier de vitesse, pour simplifier au maximum leur utilisation et le plaisir de pédaler. L’intelligence artificielle adapte l’effort aux capacités physiques du cycliste.

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Vélo Iweech
Les vélos Iweech s’appuient sur l’intelligence artificielle pour gérer l’assistance de manière fluide et sans intervention humaine.

«Nous imaginons, stylisons et assemblons nos vélos électriques IWeech dans nos ateliers de Marseille. Même notre carte électronique est faite en France», se félicite, en guise de préambule, Christophe Sauvan. Le cofondateur de la société Bellatrix se trouve à la tête d’une équipe d’ingénieurs, de développeurs software, d'analystes de données, de mécaniciens, totalisant une douzaine de personnes, et dont les vélos sont proposés en deux modèles. Des cycles pas tout à fait comme les autres, puisque ceux-ci combinent praticité d’usage et haute technologie, avec un système «smart control» intégré et breveté.

Sur les IWeech, pas de levier de vitesse sur le guidon, ni d’écran à surveiller. Il suffit de pédaler, et le rythme s’ajuste aux capacités physiques du cycliste, s’affinant au fur et à mesure de ses trajets. «Nous disposons d’une capacité de production de 100vélos par mois dans nos installations actuelles. Nous aurons commercialisé 500 à 600vélos à fin 2022 en France et en Europe (Belgique, Suisse…). Mais nous visons les 1000 unités dès l’an prochain, et plus de 2000 en 2024», poursuit le dirigeant qui, avant de s'intéresser aux vélos, a réalisé une carrière de cadre dans l’agroalimentaire, les télécommunications et le marketing digital.

IA et capteurs pour s'adapter au rythme du cycliste

C’est en 2017 que le cofondateur de Bellatrix se met à réfléchir à la conception de ce qu'il définit comme le «vélo électrique idéal pour un utilisateur en ville». A cette époque, il se vend à peine plus de 100 000 vélos électriques par an en France, selon les données de l'Observatoire du cycle, six fois moins qu'en 2021 (660 000 unités). «La plupart des acheteurs n'ont plus fait de vélo depuis longtemps. L’environnement urbain est le plus complexe qui soit. Nous sommes donc partis du principe qu’il fallait un vélo sans écran pour éviter de perturber la concentration du cycliste en indiquant la charge de la batterie ou la vitesse, et très maniable pour éviter le danger quand il survient», précise Christophe Sauvan.

Au bout de deux ans et demi de R&D, entre 2017 et 2019, un premier vélo est mis au point avec un moteur central puissant, très réactif, pour redémarrer rapidement après un feu rouge ou monter une pente sans souffrir. «La simplicité, c’est l’intelligence artificielle qui l’apporte. Nous avons raisonné autour du concept de zone de confort. Nous avons mis des capteurs sur la puissance développée, la vitesse à laquelle tournent les pédales, le GPS… Avec la multiplication des données d’analyses des trajets, nous avons pu modéliser et finaliser des algorithmes pour le comportement de chacun. Si bien que le vélo peut dire si le cycliste est en forme ou pas à travers les distorsions qu’il enregistre par rapport à son état habituel! L’objectif est de le conserver dans sa zone de confort tant qu’il pédale, de manière fluide et sans à-coup», décrypte le dirigeant.

Les 80 exemplaires proposés lors d’une opération de crowdfunding sont commercialisés à 2 250 euros l’unité. «On a regardé ensuite jusqu’en février 2020 comment cela se passait pour valider le système et retravailler des points techniques. Le premier vélo dans sa version fiable et finalisée a été vendu en mai 2020», ajoute Christophe Sauvan. Depuis, la société a levé 2,8 millions d’euros avec Odyssée Ventures et Bpifrance et amélioré les fonctionnalités. «Le système peut réduire le niveau de puissance sur le plat afin de conserver l’énergie suffisante dans la batterie pour les montées les plus difficiles. Il se monitore aussi par rapport aux calories à dépenser sur le trajet. L’assistance s’adapte. Nous collaborons avec des scientifiques pour que demain, elle se gère automatiquement par rapport à la fréquence cardiaque.» 

Vers une relocalisation de la fabrication des cadres?

Soutenue par différents partenaires (Bpifrance, Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, French Tech), la société vend par internet et depuis le printemps, dans une trentaine de magasins, sous enseigne Fnac-Darty ou par le biais de revendeurs indépendants. Son modèle de base, le IWeech 24 S, est vendu 3 490 euros, le modèle au-dessus, le IWeech 24 S+, à 4 190 euros, pour grimper des pentes plus ardues. Si son rythme de production approche les 1 200 à 1 400 vélos, la jeune entreprise songera à se positionner sur un nouveau site en 2024. «Il nous faudra alors 2 000 m², nous en profiterons pour passer à une organisation différente et des process plus robotisés, par exemple pour relocaliser en France la fabrication des cadres, pour l’heure réalisée en Bulgarie et à Taïwan. Cela reste impossible à l’heure actuelle à un coût économique cohérent», indique Christophe Sauvan.

Un autre vélo devrait s’ajouter à la gamme en 2023, «plus typé» selon les promesses de Christophe Sauvan. Pour prévenir les vols, la TPE a équipé son produit d’un système antivol (verrouillage, alerte, géolocalisation…) avec tracker. Et sa maintenance se veut tout aussi aisée que son pilotage. «Grâce à l’IA, nous pouvons diagnostiquer 99% des anomalies avant qu’elles ne surviennent, le taux de SAV est très faible», assure le dirigeant.

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