Et si la thérapie cellulaire pouvait soigner des inflammations chroniques chez les chiens? Vetbiobank, start-up lyonnaise spécialisée dans la médecine régénérative, se focalise sur l’arthrose du chien, mais sa technologie agit très probablement sur d’autres maladies inflammatoires chroniques.
Son procédé consiste à prélever des cellules souches mésenchymateuses sur le placenta des chiens et des chevaux lors d'une mise-bas ou d'une césarienne de l’animal. Ces cellules ont un pouvoir anti-inflammatoire particulièrement fort. Une fois extraites, elles sont mises en culture en laboratoire. «Notre technologie de bioproduction permet de faire de grosses quantités de lots», argue Nadia Plantier, directrice générale de Vetbiobank. Beaucoup de cellules sont faites avec un même bioréacteur, puis le médicament cellulaire est directement injecté dans l’articulation du chien malade. Une fois produits, les médicaments cellulaires sont utilisables pendant deux ans.
Une commercialisation courant 2025 ?
«Les cellules souches ont un effet antidouleur et stoppent la dégradation du cartilage, explique Nadia Plantier. Dès la première injection le chien retrouve de la mobilité.» Mais plusieurs injections sont nécessaires pour soigner durablement les animaux. Pour l’instant, la dose coûterait 475 euros HT au vétérinaire – un particulier devra donc débourser bien davantage pour payer le professionnel de santé, seul à même de réaliser cette procédure requérant l’anesthésie du chien.
Le prix devrait baisser lorsque la start-up décrochera son autorisation de mise sur le marché, qu’elle espère obtenir pour un lancement commercial courant 2025. Vetbiobank vient de terminer son étude pivot en double aveugle portant sur l’efficacité de son médicament dans le traitement de l’arthrose du chien. Les résultats préliminaires de l’analyse portant sur plus de 125 chiens montrent «une différence statistique significative» de l’efficacité du traitement par rapport au placebo.
L’équipe constituée d’une dizaine de personnes travaille au Lyonbiopôle où la start-up est incubée. Elle est la seule biotech vétérinaire du pôle de compétitivité, qui accompagne généralement des projets tournés vers la santé humaine. Mais les recherches de Vetbiobank pourraient aussi trouver des usages dans ce domaine. Particulièrement sa plateforme de bioproduction, utilisée pour multiplier les cellules souches. Pour l'instant, la biotech entend rester concentrée sur le marché animal.
Un marché colossal
A elle seule, la France compte environ 7,6 millions de chiens domestiques selon une enquête Faco-Kantar. En Europe la population de canidé est de 66 millions d’individus et de 90 millions aux États-Unis. Et l’arthrose canine concerne un chien sur cinq. Un marché colossal sur lequel Vetbiobank n'est pas la seule à se positionner. Pour séduire et se différencier de ses concurrents, la start-up lyonnaise assure utiliser des cellules souches de chiens pour soigner des chiens, peu importe les races concernées. Toutefois, elle ne souhaite pas utiliser des cellules souches d’un autre animal, comme le cheval sur lequel elle travaille aussi, pour soigner le chien. Une question d’éthique pour la jeune pousse.
Autre preuve du sérieux de la biotech : elle a noué un partenariat stratégique avec Vibrac. Le laboratoire pharmaceutique dédié à la santé animal doit assurer à terme la promotion et la distribution de cette thérapie génique. Un appui important pour la commercialisation future de cette nouvelle technologie.



