Vale menace de fermer son usine en Nouvelle-Calédonie

Suite au retrait d’un potentiel acquéreur, le géant brésilien des mines et métaux Vale envisage la fermeture, fin 2020, de l’usine du Grand Sud, en Nouvelle-Calédonie. La situation pourrait évoluer dans les prochaines semaines.

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Vale Nouvelle-Calédonie
Les pertes du site calédonien étaient évaluées à 200 millions d'euros en 2019.

Vale pourrait fermer son site de Nouvelle-Calédonie à la fin de l’année 2020, a indiqué le groupe mardi 8 septembre. Sa filiale Vale Canada Limited n'a pas été en mesure de conclure une entente avec le producteur australien de métaux de base New Century Resources pour acquérir sa participation de 95 % dans Vale Nouvelle Calédonie (VNC). L’ouverture d’une période de négociations exclusives avait été annoncée le 25 mai dernier. Celle-ci avait été prolongée le 8 juillet. "Les négociations avec diverses parties prenantes n'ont pas été en mesure de générer un plan de financement et une structure de capitaux propres pour VNC qui s'adapte à un scénario risque/rendement approprié pour les actionnaires de New Century Resources", a justifié la compagnie.

Suite au retrait de cet acheteur potentiel, "Vale va maintenant entamer les étapes nécessaires pour placer VNC en entretien et maintenance, en vue d'un éventuel arrêt de l'exploitation, si aucune solution durable n'est trouvée dans les mois à venir", précise le géant brésilien des mines et métaux.

Le PDG de Vale Nouvelle-Calédonie, Antonin Beurrier, a par ailleurs évoqué le retrait d'un fonds d’investissement qui devait apporter 75 millions de dollars ainsi qu’une "campagne de déstabilisation orchestrée par des parties extérieures". Plusieurs syndicats et associations, ainsi que des organisations indépendantistes et des chefferies kanaks, réunis au sein d’un collectif, se sont opposés au rachat par New Century Ressources et soutenaient l’offre d’un consortium calédonien et sud-coréen.

Une nouvelle éventuelle solution

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Vale avait fait part en décembre dernier de sa volonté de se désengager de ses activités en Nouvelle-Calédonie. Des activités d’extraction de minerai, ainsi que de production de nickel et de cobalt sont assurées. La première phase d’exploitation de la mine avait débuté en 2003. D’une superficie de 1 900 hectares, le site (Usine du Grand Sud) compte 1 280 salariés et a recours à entre 1 400 et 1 600 sous-traitants. 23 400 tonnes de nickel ont été produites en 2019, soit près d’un tiers de sa capacité annuelle.

Antonin Beurrier a évoqué l’hypothèse d’un nouveau tour de table d’un montant de 100 milliards de francs Pacifique, soit 839 millions d’euros : 50 milliards à la charge de Vale, 23 milliards suite à un prêt accordé  par l’Etat en 2016 et la défiscalisation, et 20 milliards de francs Pacifique à trouver. Le dirigeant a indiqué que la vente constituerait un "deal négatif" pour Vale. "Vale et toutes les personnes impliquées dans le processus de désinvestissement - y compris la province sud de la Nouvelle-Calédonie, l'État français et la direction de VNC - continuent d'explorer des alternatives pour créer un avenir viable" à l’entreprise, a seulement indiqué la direction de Vale. La Province Sud de Nouvelle-Calédonie s’est, elle, interrogée par voie de communiqué sur l’impact du blocage de l’usine et des manifestations survenus au cours des dernières semaines.

La SLN toujours en difficulté

La Nouvelle-Calédonie compte 25 % des ressources mondiales estimées en nickel. L’industrie de l’archipel n’en demeure pas moins sujette à des remous. La Société Le Nickel (SLN), filiale d’Eramet, a sollicité début septembre la nomination d’un mandataire ad hoc pour l’accompagner. Fin juin 2020, il ne restait à l’entreprise que 74 millions d'euros non tirés sur les 525 millions de prêts consentis par Eramet et l’Etat français en 2015 et 2016. Un plan de sauvetage de la SLN avait été présenté fin 2018, incluant une hausse des volumes de nickel exporté et une baisse des prix de l’énergie. Une demande de 2 Mth d’autorisation d’exports additionnels a été déposée en avril 2020.

Le secteur des mines et métaux représente 20 % des emplois de l’archipel.

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