Et si le secteur aéronautique parvenait à sortir de la crise par le haut ? C’est l’espoir que fait naître le plan de soutien dégainé par le gouvernement. Au-delà du maintien du tissu industriel, il affiche un objectif ambitieux sur le plan technologique : parvenir à mettre au point entre 2033 et 2035 un appareil zéro émission de CO2, successeur de l’actuel Airbus A 320, avec un démonstrateur entre 2026 et 2028.
Un tel projet, les industriels y pensaient déjà, mais pour 2050. Une accélération de calendrier que l’État compte accompagner grâce à une enveloppe de 1,5 milliard d’euros sur trois ans accordée au Conseil pour la recherche aéronautique civile, le Corac. Une aide qui fait plus que tripler son budget annuel. Mais le défi est-il tenable ?
Il suppose l’avènement anticipé de ruptures tous azimuts, telles que l’open rotor (moteur sans carénage) que Safran développe activement et de nouvelles architectures d’avions. La possibilité d’un appareil fonctionnant à 100 % grâce aux biocarburants est également citée. Reste que leur usage massif dans l’aérien suppose une organisation entre industriels ainsi que des infrastructures qui restent à bâtir.
Le plan décoche une technologie plus exotique encore pour le secteur : l’hydrogène. Si cette voie est bel et bien envisagée par les grands industriels, son encombrement est tel qu’un contraignant système cryogénique reste nécessaire... Il est in fine probable que les industriels s’attellent d’abord à concevoir un avion zéro émission de plus petite taille, comme un avion régional, plutôt qu’un monocouloir. Qu’importe le respect scrupuleux de cet ambitieux projet : le coup de pouce vise à maintenir des compétences de haut niveau sur le sol français, soit quelque 35 000 postes de R & D. C’est aussi pour leur donner un avenir, ainsi qu’aux milliers d’étudiants lorgnant du côté de l’aéronautique, que cet avion vert pourra ne pas être inutile.



