Trois points à retenir de l’audition d'Emmanuel Besnier, patron de Lactalis, au Sénat

Simplification des aides, allègement des charges, réduction de la collecte de lait, démêlés fiscaux... Emmanuel Besnier, discret président du groupe laitier et fromager Lactalis, a été auditionné par la commission d'enquête sénatoriale sur les aides publiques aux grandes entreprises et leurs sous-traitants le 17 juin.

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Emmanuel Besnier Lactalis PDG audition 17 juin 2025
La commission d'enquête du Sénat sur les aides publiques aux grands groupes à notamment interrogé le patron de Lactalis mais aussi ceux d'autres poids lourds de l'agroalimentaire, comme Danone et Unilever.

Le discret patron de Lactalis a répondu ce mardi 17 juin aux questions des sénateurs. Peu habitué aux prises de paroles en public,  Emmanuel Besnier était auditionné dans le cadre de la commission d’enquête sur les aides publiques aux grandes entreprises et leurs sous-traitants. Jouant la transparence de ses comptes, le dirigeant s’est efforcé de montrer que les aides françaises représentent peu au regard des résultats du premier groupe laitier mondial.

Lactalis a relevé «18,7 millions d’euros d’aides perçues en 2023, soit 0,06% de notre chiffre d’affaires», a souligné le patron, chiffres détaillés à l’appui. «Nous ne sommes qu’une partie du revenu des producteurs, qui bénéficient de la PAC, nous n’avons pas de vision sur l’ensemble des aides aux producteurs de lait», a-t-il toutefois reconnu au cours de l’audition.

Les grands groupes aux mêmes loges que les PME pour les subventions

Sans surprise, le dirigeant s’est dit favorable à une simplification «des contraintes et des exigences de reporting pour les entreprises», ainsi qu’à des guichets régionaux uniques pour rassembler les subventions. Il a également considéré que les PME et les grandes entreprises devaient bénéficier d’une équité en matière d'aides publiques, notamment régionales, «à partir du moment nous faisons les même produits, sur les mêmes volumes avec les mêmes contraintes».

Comme d’autres patrons interrogés par la même commission, Emmanuel Besnier a plaidé pour un allègement des charges, jugées trop élevées, plutôt qu’une augmentation des subventions publiques. «Elles sont un correctif temporaire à un environnement trop contraignant, qui affaiblit leur portée», a-t-il soutenu. Néanmoins, «l’industrie laitière très exportatrice ne pourrait pas se passer de ces aides», a-t-il ajouté, en raison d’un «système de charges» désavantageux vis-à-vis de la concurrence européenne.

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Réduction de la collecte de lait

Lactalis n’a pas échappé au sujet de la réduction de sa collecte de lait en France de 9% d’ici 2030, annoncée en septembre 2024. La première étape de cette réduction est en cours dans l’Est et les Pays de la Loire, et concerne environ 290 producteurs de lait. Pressé par les sénateurs, Emmanuel Besnier s’est dit «très optimiste» sur le fait que tous les agriculteurs trouvent d'autres débouchés, expliquant passer par une société intermédiaire pour accompagner les concernés.

Tensions sur les comptes de Lactalis

Les échanges se sont tendus sur la question des comptes de l’entreprise, publiés seulement depuis 2018. Interrogé sur le sujet, Emmanuel Besnier a assuré les avoir toujours transmis aux administrations responsables d’attribuer les aides publiques. «La loi dit qu’il faut les publier : vous n’aviez fait qu’une partie du chemin, donc le fait que vous n’alliez pas au bout de la loi n’a pas empêché Lactalis d’avoir des aides publiques», a répliqué le président de la commission, Olivier Rietmann (Les Républicains). «A l’époque oui», a admis le PDG du groupe depuis 25 ans.

«Est-ce que vous trouvriez normal qu’en cas de forte suspicion de fraude, tous les dossiers d’aide aux entreprises soient suspendus ?», a interrogé le sénateur de Haute-Saône, après avoir évoqué les démêlés fiscaux du groupe. En décembre 2024, Lactalis a en effet avoir déboursé 475 millions d’euros, accord trouvé avec l’administration fiscale pour résoudre une enquête pour fraude. «Il faut regarder au cas par cas, pourquoi pas, je n’ai pas de souci là-dessus», a répondu succintement Emmanuel Besnier.

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