Saint-Gobain pense sortir plus fort de la crise sanitaire

La relance verte en France et en Europe devrait profiter à Saint-Gobain, a expliqué le PDG du géant français des matériaux de construction, Pierre-André de Chalendar, à l’occasion de la présentation de ses résultats semestriels.

 

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Saint-Gobain
Saint-Gobain entrevoit un bon deuxième semestre grâce à la "relance verte".

Le confinement a placé l’enjeu du confort et du logement au cœur des préoccupations des consommateurs… Saint-Gobain compte bien en profiter. Le géant français des matériaux de construction voit déjà les prémices d’une reprise vigoureuse du secteur du bâtiment, tirée par des plans de relance verts en France et en Europe. "Le groupe a enregistré une hausse de ses ventes de 3,7% en juin 2020 par rapport à juin 2019, a annoncé son PDG de Chalendar lors d’une conférence téléphonique à l’occasion de la présentation des résultats du deuxième trimestre. Juillet s’annonce dans la même lignée. Le troisième trimestre sera bon, le quatrième reste incertain en raison du contexte sanitaire, mais les perspectives à moyen terme sont très bonnes pour Saint-Gobain".

Le bâtiment a été considéré comme une activité essentielle par les différents gouvernements (sauf au Royaume-Uni) et l’arrêt des usines et centres de distribution de l’entreprise a été bref et limité. Le pôle Sciences de la vie a produit des composants-clés pour les respirateurs et dispositifs mis en œuvre contre le Covid-19.

Surtout, "les plans de relance mettent l’accent sur la rénovation énergétique, et c’est le cœur du business model de l’entreprise", souligne Pierre André de Chalendar. Les produits et services liés à la rénovation pèsent plus de 50% du chiffre d’affaires de l’entreprise française. "Notre profil de croissance sortira renforcé de la crise", veut croire le PDG.

Saint-Gobain n’a pour autant pas été épargné au deuxième trimestre, malgré le rebond de juin. Le plus bas a été atteint début avril, avec un niveau d’activité inférieur de 60% au même mois l’année précédente. Le chiffre d’affaires ressort en baisse de 18,1% au premier semestre, à 17,8 milliards d’euros, et le résultat d’exploitation baisse de moitié (827 millions d’euros). La marge d’exploitation se replie de 7,6% à 4,7%, tandis que le résultat net reste positif mais en chute de 70%, à 272 millions d'euros.

Endettement en baisse

Dans le même temps, le groupe a mis le paquet sur les économies. Il pense d’ailleurs atteindre les objectifs de 250 millions d’euros d’optimisation de coûts de son plan "Transform and grow" avec un an d’avance, dès fin 2020 au lieu de 2021. "Nous avons sécurisé nos financements, renforcé les liquidités du groupe, réduit nos investissements industriels", détaille le PDG. Le deuxième trimestre a été marqué par la cession de sa dernière participation dans le capital de Sika, qui lui a permis une plus-value de plus d’1,5 milliard d’euros.

L’endettement du groupe baisse d’ailleurs de plus de 3 milliards d’euros et ses liquidités augmentent. De quoi affronter les prochains mois avec une certaine sérénité.

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