Six ans après son arrivée au sein de Sika, Saint-Gobain tourne définitivement la page. Le groupe français a cédé le 27 mai sa participation de 10,75% au capital du groupe chimique suisse, pour un montant de 2,56 milliards de francs suisses (2,41 milliards d’euros). L’opération a été menée par un placement privé auprès d’investisseurs institutionnels. Selon Saint-Gobain,
cette transaction lui permet d’enregistrer un gain brut de 1,54 milliard d’euros en deux ans de présence au capital de Sika. Un résultat que Pierre-André de Chalendar, le PDG de Saint-Gobain, qualifie "d’investissement exceptionnel".
Manœuvre ingénieuse et levée de boucliers
Ce point final à l’engagement de Saint-Gobain au sein de Sika marque une sortie par le haut pour le groupe français dans une aventure qui a été rocambolesque. En 2014, Saint-Gobain a initié une manœuvre ingénieuse qui aurait dû lui permettre à moindres frais de prendre le contrôle de Sika. C'était sans compter sur une farouche levée de boucliers, débouchant sur une bataille de quatre ans, notamment sur le front judiciaire, avant un accord mettant fin aux hostilités en 2018.

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16,1% du capital, 52,4% des droits de vote
Rappel des faits. Il y a six ans, l’acte I voyait Saint-Gobain conclure un accord pour reprendre la holding Schenker-Winkler (SWH), détenue par la famille Burkard, héritière du fondateur de Sika. Pour 2,75 milliards de francs suisses (environ 2,3 milliards d’euros à l’époque), cette opération permettait au groupe français de mettre la main sur 16,1% du capital du groupe suisse mais surtout de s’emparer de 52,4% des droits de vote. Donc la prise de contrôle d’un des meilleurs acteurs au monde de la chimie de spécialités pour les matériaux... pour une somme minimale.
Rébellion
Ce premier acte a entraîné une véritable rébellion de la part du management du groupe suisse, furieux de risquer de se voir dicter l’agenda par un actionnaire ne détenant pas la majorité du capital. Sans compter que Saint-Gobain est un concurrent sur certains segments. La direction de Sika, soutenue par plusieurs autres actionnaires, a utilisé tous les moyens à disposition, jusqu’à engager une bataille judiciaire pour s’opposer à l’opération et modifier les statuts du groupe, afin d'aboutir à une équivalence équilibrée entre les parts au capital et les droits de vote.
Accord en 2018
Au total, il aura fallu presque quatre ans d’animosité avant que toutes les parties ne trouvent un terrain d’entente en mai 2018. L’accord, mettant fin à toutes les procédures judiciaires, a alors permis à Saint-Gobain de bien acquérir les parts de SWH mais pour une somme relevée à 3,22 milliards de francs suisses, afin de prendre en compte l’évolution boursière positive du chimiste suisse en quatre ans. En parallèle, Sika a repris 6,97% de son propre capital auprès de Saint-Gobain et de SWH, pour 2,08 milliards de francs suisses. Ce qui a limité, pour le groupe français, la facture à 1,14 milliards de francs suisses, soit 933 millions d’euros, et sa participation à 10,75% au capital de Sika.
L’accord de 2018 prévoyait un engagement de durée de deux ans. Qui vient donc de s’achever. Il était prévu aussi de proposer ces actions en priorité à Sika, qui a décliné l’offre. Au final, Saint-Gobain enregistre donc une issue positive, au moins sur le plan financier, avec ce gain brut de 1,54 milliard d’euros.



