1. Naval Group initie les profs à ses métiers
Les enseignants jouent un rôle majeur dans la sensibilisation des élèves et des étudiants aux métiers de l’industrie. C’est pour cette raison que Naval Group recourt depuis plusieurs années au dispositif de stages Cefpep, un service du ministère de l’Éducation nationale. Le fabricant de navires militaires organise ainsi des visites dans la dizaine de ses sites en France pour des enseignants, du primaire au supérieur, à raison d’une à deux sessions par an. Objectif : rafraîchir l’image des métiers industriels en supprimant les clichés. Naval Group propose également des visites et des conférences pour les étudiants accompagnés de leurs professeurs. Soit environ une centaine de visites supplémentaires par an.
2. Feu Vert se tourne vers les seniors
Pour Feu Vert, attirer des travailleurs de plus de 50 ans ne répond pas uniquement à un objectif de diversité. «C’est aussi un choix pragmatique face au dynamisme et à la volatilité du marché du travail», souligne Marie Banuls-Bamps, la responsable du développement RH d’un groupe qui s’appuie sur 355 centres automobiles. Pour elle, recruter un senior qui va rester par exemple cinq ans dans l’entreprise est déjà une réussite. Son entreprise mène donc des actions plus volontaristes envers ces profils. En 2022, Feu Vert a ainsi diffusé ses offres d’emploi sur la plateforme TeePy Job, spécialisée dans les personnes de 50 ans et plus. Peu de postulants ont été sélectionnés via ce canal, mais une attention spécifique à ces candidatures sera désormais encouragée.
3. Elmy séduit plus de candidats grâce à sa semaine de quatre jours

Créée en juin 2022, la marque d’approvisionnement en électricité verte Elmy n’a pas traîné pour mettre en œuvre la semaine de quatre jours. Une expérimentation a débuté en septembre, pour une durée de six mois. Les cadres, qui représentent 90% du personnel, sont passés à la semaine de 35 heures sur quatre jours. «Nous avions un gros enjeu de fidélisation et un besoin de concilier un plan de recrutement ambitieux avec une marque employeur inexistante», justifie sa DRH, Camille Darde. Bilan : 30% de candidatures en plus depuis que la mesure est appliquée. L’impact se voit aussi sur les métiers en tension de l’informatique, même si ces candidatures ne répondent pas toutes aux attentes de l’entreprise. De septembre à novembre, Elmy a davantage recruté sur les métiers de développeurs que durant les six mois précédents.
4. Chez Toyota, venez comme vous êtes
Diplôme et expérience non requis. L’usine de Toyota à Onnaing (Nord) ouvre ses portes aux néophytes pour attirer les nouvelles recrues. Une stratégie mise en place dès le démarrage du site, en 2001. «Nous investissons énormément en formation. C’est une manière de désinhiber les candidatures», se félicite Nicolas Fayol, le DRH du site. Des intérimaires étrangers à l’automobile peuvent ainsi décrocher un CDD, puis un CDI. «Environ 95% de nos encadrants d’atelier sont issus de la promotion interne. Certaines personnes sans diplôme d’ingénieur peuvent passer dans le corps des ingénieurs et cadres, soit l’équivalent d’un bac +5», assure le DRH. Selon lui, le processus reste malgré tout «exigeant» dans l’ensemble.
5. Les apprentis du luxe se racontent sur TikToK
Capture d'écran Comité Colbert/Tik Tok/Neo.tv Émilie, souffleuse de verre chez Baccarat, Julie, modeleuse pour le porcelainier Bernardaud, et Marc, apprenti tonnelier chez Hennessy, racontent dans de courtes vidéos leur passion pour leur profession. Le Comité Colbert, qui rassemble 92 maisons du luxe, a posté plusieurs de ces vidéos d’apprentis sur TikTok. «Nous ne savions pas comment atteindre les collégiens. Or l’Éducation nationale nous dit que c’est à cet âge-là qu’il faut leur présenter les métiers», explique Bénédicte Epinay, déléguée générale du Comité Colbert. Cette année, l’organisme organisera un concours, en demandant aux apprentis du luxe de se filmer eux-mêmes. De quoi rendre encore plus naturelles ces prises de parole de jeunes pour les jeunes.
6. La PME Gueripel intègre des travailleurs d’Esat
En Isère, le patron de Gueripel, Alain Lèbre, a recruté deux salariés avec une formule qui pourrait intéresser les nombreuses entreprises qui recourent à des Esat, ces établissements professionnels dédiés aux personnes en situation de handicap. En septembre 2021, et précédemment en 2018, il a embauché en CDI deux opérateurs de fabrication issus d’un Esat voisin. La démarche s’est faite dans le cadre d’un accord tripartite entre le fabricant de tubes, l’Esat et chacun des salariés, avec le soutien de l’organisme Cap emploi. Ces travailleurs peuvent ainsi revoir leurs anciens référents en cas de besoin. C’est une solution de recrutement de long terme : les deux salariés avaient déjà travaillé chez Gueripel pendant plusieurs années en tant que travailleurs détachés de l’Esat.
7. Soudeurs 2.0 popularise le métier sur YouTube

Apprendre à souder le cuivre, regarder un essai du kit de soudage de Lidl ou visionner du soudage sous l’eau... Sur la page YouTube Soudeurs 2.0, qui compte quelque 100 000 abonnés, Christophe Lagarde met sa passion à l’honneur. À 44 ans, l’ancien soudeur dans l’aéronautique, qui dirige désormais l’école de formation System Weld, ne se voit «pas comme un influenceur, mais comme un créateur de contenus», car il «ne [va] pas à Dubaï» et n’est pas rémunéré par les marques pour ses vidéos. Mais le youtubeur (qui a aussi fondé le Championnat de France de soudure) estime que ce travail sur les réseaux, où il met en avant les progrès du matériel et rappelle la forte demande en ouvriers qualifiés, lui apporte un bon tiers de ses élèves et, surtout, «dépoussière l’image du métier».
8. Miss France 2021 publie une story de sa visite chez Ferrero
«Aujourd’hui, je suis allée au cœur de l’usine de fabrication de Nutella et Kinder Bueno à Villers-Ecalles.» C’est ce que pouvaient lire les plus de 650 000 abonnés Instagram de Miss France 2021, la Normande Amandine Petit, en octobre dernier dans l’une de ses stories. Un texte visible pendant une journée, avec les photos de l’usine publiées par l’influenceuse. Une belle vitrine pour les marques de Ferrero, qui rémunère la Miss. «La faire venir dans notre usine est aussi une manière de fidéliser nos salariés. Elle parle par ailleurs beaucoup aux jeunes qui, plus tard, pourraient postuler chez nous», explique Fausto Rotelli, le directeur des affaires extérieures de Ferrero France. Quelques mois plus tôt, le youtubeur Michou avait lui aussi fait des stories de l’usine sur Instagram.
9. La Poste lance une école du numérique
Confronté à la rareté des candidats dans les métiers de l’informatique, le groupe La Poste a lancé en juin dernier une école interne de la data et de l’intelligence artificielle. L’ambition est de former environ 250 personnes par an au cours des trois prochaines années, afin de doubler le nombre d’experts de l’entreprise dans ces domaines. La première promotion de 65 élèves va être lancée fin janvier. Un tiers d’entre eux sont des candidats internes. Parmi les candidats externes, 60% sont des jeunes diplômés, tandis que 40% sont des professionnels en reconversion avec une première expérience dans l’informatique.
10. Dirigeant et salariés de Gautier se livrent sur LinkedIn
© Benjamin Lachenal - Gautier France. «Les gens veulent gratter le vernis de la marque employeur pour voir ce qu’il y a dessous, estime David Soulard, le dirigeant des meubles Gautier. Je publie énormément sur LinkedIn et tout le monde sait tout ce que je fais.» Sur la page du patron alternent des photos avec sa maman Ginette, témoin d’une aventure familiale, une signature de partenariat avec Dassault Systèmes – pour le côté techno –, des clichés d’événements en usine et ses coups de cœur pour les posts de ses propres salariés, qu’il encourage à parler de leurs expériences. Tous ont ainsi été formés à l’utilisation du réseau. De quoi incarner l’entreprise de manière vivante, au-delà des discours.
11. Avanade adopte une méthode de recrutement accéléré
Les recruteurs le savent : la lenteur des processus d’embauche génère de la frustration chez les candidats. Pour l’éviter, Avanade, une coentreprise entre Microsoft et Accenture spécialisée dans la tech, a recours à une méthode de recrutement rapide concentrée sur trois semaines. Sur cette période, sa chargée d’acquisition de talents Marlène Escure demande aux recruteurs d’annuler toutes leurs réunions. Les managers opérationnels prévoient du temps pour conduire des entretiens. Les réponses à chaque étape (envoi de CV, entretiens...) se font sous quatre heures. La dernière session menée en septembre a permis à l’entreprise de faire plus de 120 propositions d’embauches, pour une centaine de recrutements.
12. Les Mousquetaires embauchent au cours d’un laser game
© Agromousquetaires Groupement les Mousquetaires. Et pour l’entretien d’embauche? Rendez-vous au laser game! C’est le pari fait par Agromousquetaires, une filiale du distributeur Les Mousquetaires, pour attirer des candidats, alors que son usine de Sveltic (Ille-et-Vilaine) recrutait pour une vingtaine de postes. L’événement a eu lieu le 17 novembre dernier. Le groupe souhaitait faire «découvrir autrement les métiers de l’industrie» en donnant l’opportunité aux candidats de «rencontrer les recruteurs dans un contexte ludique» et même de venir accompagnés de leurs enfants, pour qui un système de garde était prévu. «Notre recrutement se fonde avant tout sur le savoir-être des candidats, précise Agromousquetaires. Car nous avons des dispositifs en interne pour former les personnes, les accompagner et les intégrer.»
Jonathan Grelier, Cécile Maillard, Simon Chodorge, Nathan Mann, Pierre-Henri Girard-Claudon, Anne-Sophie Bellaiche, Hassan Meddah



